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La Réunion
lundi 6 février 2023

Sapmer : un anniversaire gastronomique

Pour fêter ses 75 ans, la Sapmer a mis les petits plats dans les grands. Six chefs ont concocté chacun une mise en bouche et un plat à partir des produits pêchés par l’armement réunionnais. Une mise en valeur orchestrée par le journaliste et critique culinaire Thierry Kasprowicz, la coordination du repas étant confiée à la cheffe Larissa Rajaonarivelo.

Tout a commencé, pour la Sapmer, en 1947, grâce à la détermination de quelques pionniers de la pêche hauturière réunionnaise partis à l’assaut de mers hostiles aux confins du monde. D’un premier périple aux îles Saint-Paul et Amsterdam, ils parviennent à ramener une denrée d’exception : la langouste de Saint-Paul. Une espèce présente exclusivement dans ces mers côtoyant l’Antarctique, qui va asseoir durablement la réputation de la Sapmer. Encore aujourd’hui, les pêcheurs de Sapmer font partie des rares marins à travers le monde à s’aventurer dans ces territoires reculés de la planète pour la pêche de cette langouste unique, aujourd’hui certifiée du label MSC décerné aux pêches respectueuses de la reproduction des espèces et de l’environnement. « Depuis notre première pêche, nous savons qu’il est essentiel d’aller au-delà des normes, car nous sommes convaincus que la pérennité des espèces est la condition sine qua non de notre propre pérennité », précise Adrien de Chomereau, PDG de la Sapmer. Les marins du navire vont en effet au-delà des législations puisqu’ils ménagent, au sein de la zone de pêche, un espace sanctuarisé respectant la croissance des langoustes. « Grâce à ce protocole que l’équipage met en œuvre, nous avons la garantie de pêcher chaque année des langoustes de bonne taille et d’excellente qualité », argumente Yannis, le capitaine de l’Austral.

Un des plus éclatants succès réunionnais

Au milieu des années 1980, la Sapmer met le cap sur les îles Kerguelen et Crozet pour pêcher la légine.

Les voyages suivants auront pour destination les îles Kerguelen et Crozet. L’objectif est alors la légine, poisson rare et précieux dont la pêche se mérite autant qu’elle se redoute, car elle oblige l’équipage à affronter des vagues gigantesques. Puis au milieu des années 2000, la pêche au thon albacore, puis la pêche à la bonite, se développent. La Sapmer, c’est aussi une histoire de transmission de savoir-faire de génération en génération. Ce sont souvent plusieurs membres d’une même famille qui sont à bord d’un même navire. Les casiers de pêche à la langouste sont le fruit d’une conception artisanale des marins eux-mêmes entre deux campagnes. L’accent est mis sur la formation des équipages. À travers son partenariat avec le CAP matelot du lycée Léon-de-Lépervanche du Port, la Sapmer participe à la formation des futurs marins. Implantée aujourd’hui à Concarneau, à Maurice et aux Seychelles, l’entreprise de pêche maintient son siège à La Réunion. Avec près de 1000 salariés, la Sapmer compte parmi les plus beaux succès d’entreprise de l’île. « Nous sommes le deuxième exportateur réunionnais, derrière le sucre », rappelle ainsi Adrien de Chomereau.

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