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lundi 4 juillet 2022

Max Havelaar : premiers produits certifiés avec des producteurs français

Proposée en 2021, la nouvelle labellisation équitable de l’ONG Max Havelaar France pour les filières françaises de blé et lait a trouvé ses premiers partenaires et lance ses premiers produits mixant ingrédients du Sud (vanille, sucre) et du Nord (lait du Cotentin). La méthode inédite fixe un prix équitable garanti territorialisé en France.

En plus du prix garanti, la prime de développement Fairtrade/Max Haavelar versée aux producteurs doit aider dans l’Hexagone à lutter contre la déprise agricole, la détresse sociale, ou servira à investir dans la transition écologique. Ces premiers produits « origine France » incarnent l’objectif d’offrir un prix juste à tous. Rappelons que, selon l’Insee, 26 % des agriculteurs et agricultrices de France vivaient sous le seuil de pauvreté en 2019, dans un contexte où le loi Egalim 2 vise à les protéger. « Parce que dans nos produits du quotidien cohabitent lait et vanille, blé et pépites de chocolat, la démarche bénéficiera donc à tous les agriculteurs, ici et là-bas. C’est une nouvelle étape, et non des moindres, pour une consommation certifiée responsable, locale et équitable » se félicite Max Haavelar dans un communiqué. Ce lancement intervient dans un contexte favorable à l’acteur du commerce équitable, avec une croissance exceptionnelle des produits Max Havelaar en 2021 (+ 21 %). Après 12 % en 2020, la croissance des ventes des produits labellisés Fairtrade/Max Havelaar atteint, en 2021, 1 219 millions d’euros de produits vendus par 389 entreprises engagées (chiffres d’affaires tous produits et tous circuits de distribution). Une année exceptionnelle tirée par le café consommé hors domicile (réouverture des restaurants et cafétérias), la banane et le chocolat, qui concentrent 80 % du chiffre d’affaires total. Le coton et la rose connaissent également une forte progression. Alors qu’au premier semestre achats en ligne et consommation à domicile (progression des glaces) portaient la croissance, c’est le hors domicile et les nouvelles gammes des enseignes de distribution qui la tirent au second trimestre.

Des produits français sous label équitable
Le nouveau cahier des charges adapté à l’équitable français pour les filières blé et lait en 2021 permet la sortie des premiers produits mixtes avec des ingrédients certifiés au Sud comme au Nord, en partenariat avec coopératives et paysans français. Cette nouvelle certification équitable proposée par Max Havelaar France implique tous les acteurs de la filière jusqu’au consommateur. La méthode – inédite – de fixation du prix équitable garanti en France prend en compte les différences de territoires et de rendement des sols et, au-delà d’un prix rémunérateur, un objectif chiffré de revenu pour l’agriculteur. « L’approche par la fragilité territoriale et l’éligibilité des jeunes installations contribueront au maintien de l’activité agricole dans les territoires en déprise. L’éligibilité des fermes en conversion vers le bio et la traditionnelle prime propre au commerce équitable accompagneront les agriculteurs vers une agriculture plus durable » déclare Blaise Desbordes, directeur général de Max Havelaar France.

Un levier complémentaire pour Les Maîtres Laitiers du Cotentin
Fondée en 1985, cette coopérative agricole transforme dans ses usines de Sottevast, Valognes et Méautis, pour les marques Campagne de France, Valco, Trappe de Bricquebec, Maîtres Laitiers. Elle implique 1 100 producteurs et 680 exploitations. Premier acteur à obtenir la certification équitable Max Havelaar France, Les Maîtres Laitiers du Cotentin ont décidé de faire évoluer leur gamme de fromages frais Campagne de France, avec deux premiers produits et d’autres références à venir. « Notre coopérative a toujours accompagné ses producteurs pour valoriser leur lait, notamment via la segmentation déployée depuis 2017 : AOP Beurre et crème d’Isigny, AOP Camembert, lait bio, lait de pâturage et alimentation sans OGM, exploitations laitières bas carbone. La certification Fairtrade/Max Havelaar est un levier complémentaire pour mettre en lumière et mieux valoriser l’engagement des producteurs dans des démarches bénéfiques pour leurs territoires et les consommateurs. Nous espérons développer ce partenariat très naturel entre la coopérative des Maîtres Laitiers du Cotentin et Max Havelaar dont les valeurs majeures sont l’équité et la solidarité » explique Guillaume Fortin, directeur général des Maîtres Laitiers du Cotentin. « Avec l’association du sucre et de la vanille équitables, tout le monde s’y retrouve. Les attentes d’un paysan, qu’il soit à Madagascar ou en Normandie, sont absolument les mêmes : vivre dignement de son métier et être fier de son produit » juge Noël Datin, éleveur laitier, vice-président de la coopérative.

La pandémie
dynamise le local et l’équitable

La preuve en chiffres : 63 % des Français sont intéressés par l’achat de produits locaux « commerce équitable ».

65 % apportent une attention toute particulière à ce qu’ils mangent. 80 % consomment au moins une fois par mois des produits « made in France ». 48 % ont envie d’en faire davantage pour avoir une consommation responsable. Concernant les produits équitables d’origine France que les Français souhaitent trouver dans leur commerce habituel, viennent en priorité les fruits et les légumes (62 %), la viande (50 %) et les produits laitiers (44 %). Les Français souhaitent aussi pouvoir bénéficier d’une consommation équitable dans la restauration hors domicile. 81% attendent une démarche responsable de la part de la restauration, en priorité dans les cantines scolaires. Lorsqu’ils mangent à l’extérieur, ils souhaitent très clairement : qu’on leur propose des produits alimentaires locaux (86 %), qu’on les informe sur la provenance et la qualité des aliments (79 %), qu’on leur garantisse une juste rémunération des producteurs des produits proposés à la carte (77 %). Ce qui converge avec les motivations des entreprises et des acteurs de la restauration collective qui développent de plus en plus d’offres responsables. La loi Egalim donnera d’ailleurs une accélération notable à l’évolution de l’offre en imposant à la restauration collective publique d’offrir, à compter de 2022, au moins 50 % de produits durables ou sous signes d’origine ou de qualité dont minimum 20% de produits bio y compris en conversion.
Sources : Le baromètre Max Havelaar France de la transition alimentaire (novembre 2021), Connaissance des consommateurs de commerce équitable 2021 (GlobeScan, mai 2021).

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