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mardi 16 avril 2024

Le sans-faute de Ker Métis

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Lancés en 2018, les biscuits bretons aux saveurs réunionnaises de la biscuiterie Ker Métis ont, en seulement cinq ans, trouvé leur place dans le quotidien de nombreuses familles réunionnaises, qui les considèrent désormais comme des produits péi. Une reconnaissance consacrée par la labellisation Nou la fé, obtenue l’année dernière. Ker Métis vogue à présent vers de nouveaux objectifs.

Philippe Le Gouallec, fondateur de Ker Métis

L’idée du métissage des saveurs vient tout de suite à l’esprit en savourant un biscuit Ker Métis. On y retrouve le bon goût des recettes bretonnes traditionnelles avec une touche d’exotisme en plus. Ces biscuits sont produits à l’Éperon (Saint-Paul) à partir d’ingrédients d’origine locale : farine, sucre, curcuma, vanille… Ker Métis n’est rien moins que la première biscuiterie artisanale locale ayant osé se faufiler et se tailler une place sur un marché où les deux géants de l’agroalimentaire, Nestlé et Mondelez, règnent en maîtres. Ce pari était celui d’un acteur culturel qu’entrepreneurial, comme se présente Philippe Le Gouallec, ingénieur agronome de formation qui, après dix ans à l’URCOOPA, où il avait créé et développé la marque Nutrima pour l’aquaculture locale, a voulu créer sa propre entreprise. Une entreprise reflétant son attachement aux cultures et aux terroirs breton et réunionnais. Sensible aux affinités historiques reliant la Bretagne et La Réunion depuis les débuts du peuplement de l’île au XVIIe siècle, Philippe Le Gouallec a imaginé le produit idéal pouvant les évoquer. Bretons et Réunionnais partagent le souci de préserver leurs identités dans le monde d’aujourd’hui. Philippe Le Gouallec avait organisé en 2013 un festival de musique bretonne à La Réunion resté dans les annales : la grande figure du maloya, Firmin Viry, s’était produit entouré d’un bagad de 55 musiciens ! L’année suivante, grâce à Philippe Le Gouallec, Firmin Viry, avec d’autres groupes réunionnais de maloya, montait sur la scène du festival Interceltique. « J’ai fait le constat de l’absence de biscuiterie réunionnaise. Ayant moi-même grandi en Bretagne à côté d’une biscuiterie, j’ai eu cette idée de biscuits bretons aux saveurs réunionnaises. J’ai identifié le marché, jugé que le terreau était favorable et qu’il y avait matière à mettre en valeur par ce moyen le lien entre La Réunion et la Bretagne. »

Les partenaires actionnaires de Philippe Le Gouallec: Olivier Morel, a sa droite, Agnès Jadeau et Christophe Jadeau (directeur de la biscuiterie Saint-Guénolé).

Un concept servi par une mise en œuvre sans faille
Cinq ans plus tard, la bannière Ker Métis réunit 57 références réparties entre trois gammes : les biscuits (galettes, petits-beurre, palmiers et sablés), les gâteaux (pâtés créoles, gâteaux bretons, kouign-amann) et le caramel beurre salé vendu en pot de 110 g. Mais si la biscuiterie Ker Métis a réussi un sans-faute, c’est, outre la qualité de sa production, grâce à une approche complète, ne laissant rien au hasard, de son produit. Le nom tout d’abord, particulièrement bien choisi : Ker Métis, le mot Ker signifiant à la fois « village » en breton et « cœur » en créole. Le logo amusant en rapport avec ce nom : un cœur à l’oreillette droite en partie croquée. Une cible bien identifiée, celui de la biscuiterie en général : les femmes accompagnées d’enfants, dans la tranche d’âge de 35 à 55 ans, composent le cœur de cible de Ker Métis. Le packaging en sachets transparents, privilégiant la visibilité du produit, a été un atout aussi : le consommateur réunionnais apprécie de voir ce qu’il achète. Un autre atout a été le lancement judicieux dans le circuit des stations-services, dont on sait qu’il joue à La Réunion un rôle de tremplin dans le succès des produits gourmands, comme le montrent les exemples des glaces et des confiseries. Le label Nou la fé obtenu en 2023 est venu couronner la production entièrement locale de la biscuiterie, achevant d’octroyer à Ker Métis son identité réunionnaise aux yeux de sa clientèle.

Située à l’Eperon (Saint-Paul), la biscuiterie produit des gammes de biscuits, de gâteaux et de caramel beurre salé

Ker Métis accueilli à bras ouverts en GMS
Vite considérés comme des produits péi, les biscuits Ker Métis, ont conquis une clientèle fidèle dès leur lancement en 2018. Une clientèle locale, mais aussi touristique. Le bouche-à-oreille fonctionnant, le nombre de points de vente n’a cessé d’augmenter dans les stations-services et les commerces de proximité, puis en grande distribution. Six mois après leur lancement, la GMS ouvrait grand ses portes à Ker Métis. « Nous avons été accueillis à bras ouverts. Les enseignes nous avaient repérés et nous attendaient », se souvient Philippe Le Gouallec. Aujourd’hui la marque est présente dans 110 points de vente, auxquels s’ajoute la vente en ligne sur le site de Ker Métis. Une étape a été franchie en 2021 lorsque Philippe Le Gouallec s’est associé à un partenaire breton, la biscuiterie Saint-Guénolé, située en Loire-Atlantique, avec lequel il partage une même vision économico-culturelle du territoire. Ker Métis s’est appuyé sur l’expérience de cette maison pour continuer à progresser. Le partenariat se traduit entre autres par des échanges de salariés durant les saisons basses respectives, décalées d’un hémisphère à l’autre, des deux entreprises. Ainsi, une collaboratrice de la biscuiterie Saint-Guénolé est venue seconder Ker Métis pour préparer le moment stratégique des dernières fêtes de fin d’année. Résultat : un chiffre d’affaires de 500 00 euros en 2022, multiplié par deux en un an ! Et de nouvelles ambitions pour la petite entreprise agroalimentaire, et l’équipe de quatre salariés et deux apprentis, que dirige Philippe Le Gouallec.

De nouveaux axes de développement
Ker Métis se fixe à nouveau l’objectif de doubler son chiffre d’affaires de 2022 en 2024. D’où une actualité qui s’annonce chargée en 2024. La marque continue d’innover en lançant sous peu une gamme de trois sablés aux saveurs prometteuses : ananas passion, goyavier et un inédit parfum de crème de patate douce et chocolat. Elle s’adresse à la clientèle des transformateurs professionnels avec une offre « pro » de son caramel beurre salé en seau de 3 kg. Elle compte développer aussi une offre de cadeaux d’entreprises, après de premiers succès en 2023. Les marchés des collectivités en quête de fournisseurs agroalimentaires réunionnais, constituent aussi une perspective. Et Ker Métis se verrait bien voguer vers d’autres horizons créoles dans l’océan Indien, là où ses biscuits bretons métissés auront autant de raisons qu’à La Réunion de parler aux papilles et au cœur.

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