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La Réunion
lundi 4 juillet 2022

Le port s’enracine à son environnement

Evaluation environnementale, sauvegarde de la faune et de la flore, intégration de l’environnement dans les projets d’aménagement, restauration du patrimoine naturel et architectural, mobilisation des personnels sur l’environnement, ouverture vers le public : sans quitter des yeux l’horizon de la mer, sa vocation, le port de la Réunion s’intéresse désormais à tout ce qui vit à ses pieds.

Une nouvelle espèce de crinoïde découverte

« Le respect de l’environnement prend une place très importante dans la vie des ports » constate Priscille Labarrère, responsable Environnement et Aménagement de Port Réunion. Quatrième port de France avec six millions de tonnes de marchandises traitées en 2021, le port de la Pointe des Galets ne fait pas exception à la règle. Il est même assez avancé sur le sujet comme en témoigne la plaquette interne du Plan d’aménagement et  de Développement Durable (PA2D, équivalent du RSE) à paraître prochainement. Il s’agit du dernier document en date émanant des salariés du Grand Port Maritime De La Réunion  (GPMDLR) résumant son action environnementale en lien avec le social et l’économique. Le port emploie 270 personnes et les groupes de salariés à l’origine du PA2D manifestent ainsi leur adhésion à la démarche environnementale. C’est dans le cadre du projet stratégique 2014-2018 que Port Réunion a commencé à s’engager dans cette voie à partir de 2016. Le gestionnaire du port a fait procéder à l’évaluation environnementale de son projet stratégique afin de disposer de données chiffrées précises sur la biodiversité terrestre et marine dont il est responsable. Cette évaluation l’a conduit à définir un Schéma Directeur du Patrimoine Naturel (SDPN) concrétisant, en plus d’objectifs de connaissance, une exigence de protection des milieux naturels qui s’est depuis traduite par la mise en œuvre d’une multitude d’actions.

Port Réunion, port responsable

Le port Ouest et la ville du Port

Compte tenu de l’espace industriel concerné (70 hectares, auquel s’ajoute le milieu marin correspondant), la problématique environnementale du port est sans doute celle qui, à La Réunion, fait intervenir le plus d’acteurs aujourd’hui. Les partenaires sont nombreux : milieu scientifique (Institut de Recherche pour le Développement, Université de La Réunion), milieu associatif (Globice, Seor, Srepen, Nature OI…), collectivités locales avec lesquelles Port Réunion est en contact. C’est que le défi environnemental est à la hauteur de l’enjeu du poumon économique de la Réunion, alors que l’espace portuaire a régulièrement besoin de nouveaux développements pour se moderniser. C’est la raison pour laquelle le Projet Stratégique actuel 2019-2023 accentue cet engagement environnemental. A titre d’exemple, en plus des études d’impact obligatoires, tous les nouveaux projets d’aménagement programmés intègrent, dans leur conception même, un volet environnemental et responsable : en exemple, l’extension du Port Est, la reconstruction du poste 1, la réfection des éclairages, la restauration des Maisons des Ingénieurs, la construction du nouveau siège social de Port Réunion… « Grâce au SDPN réalisé, les impacts du projet sur l’environnement sont anticipés ce qui permet de répondre à la règle Eviter, Réduire, Compenser (ERC) » précise Priscille Labarrère.

Un inventaire des espèces élargi

183 espèces de poissons recensées

Les créatures marines et les oiseaux, dont les deux espèces les plus emblématiques, le pétrel de Barau et le Puffin ne limitent pas leur va-et-vient aux frontières du port (sans oublier les espèces invasives venues par bateau comme le désormais célèbre Agame des Colons). Aussi c’est une aire beaucoup plus large, allant de la rivière des Galets à la Chaloupe, qui a été étudiée par le GPMDLR pour tenir compte des corridors écologiques, afin d’établir un diagnostic de la faune, de la flore et des habitats naturels présents. Sur terre (216 espèces de plantes ont notamment été recensées) et sous l’eau dans la zone des 50 premiers mètres de profondeur, où « nous avons découvert des choses étonnantes que nous étions loin d’imaginer » relève Priscille Labarrère : 78 espèces de coraux, 183 espèces de poissons, 84 espèces de macro-invertébrés, une nouvelle espèce de crinoïde découverte… Le gestionnaire du port possède à présent une cartographie détaillée des milieux naturels de son périmètre. « Autant de connaissances qui aideront à mieux prendre en compte ce patrimoine dans la politique d’aménagement du port. » Mais cet inventaire écologique acquis, le besoin d’évaluer l’impact de l’activité portuaire en plus grande profondeur s’est fait sentir. C’est l’objet de la thèse d’un doctorant en biologie marine, Ludovic Hoarau : il explore actuellement les fonds marins des rivages du port jusqu’à 150 m de profondeur (zones mésophotiques).

Le patrimoine architectural mis en valeur

Vue d’architecte du futur siège du Grand Port Maritime de La Réunion

Le nouveau siège social du Grand Port Maritime de La Réunion, dont la construction débutera en 2023, prendra place sur le site des Maisons des Ingénieurs. Datant de la fin du XIXe siècle, celles-ci sont inscrites au titre du patrimoine historique. Elles seront elles-mêmes restaurées à l’identique. Une des villas abritera les salles de réunion emblématiques parties intégrantes du nouveau siège du GPMDLR. Deux autres devraient accueillir des restaurants avec l’idée de valoriser les produits de la pêche australe. Enfin, la quatrième villa hébergera un Port Center, lieu d’information pour découvrir la mer et ses métiers et complètera le réaménagement. Autour de chacune des Maisons des Ingénieurs, la restauration des jardins très dégradés a commencé, dans une approche de restauration circulaire (sans intrants extérieurs). Elle mobilise déjà l’équipe interne de l’entretien des espaces verts du Grand Port. La requalification de cet espace urbain favorisera aussi l’accès au belvédère bordant le cercle d’évitage du Port Ouest. C’est une première réponse au souhait de Port Réunion de développer ses relations de proximité avec le territoire et ses habitants. Dans le même esprit, mais en s’adaptant au contexte du port Est, Port Réunion prévoit, à l’occasion de son extension en zone arrière portuaire (ZAP), l’aménagement de points de vue permettant aux riverains et visiteurs de profiter du spectacle de l’activité portuaire.

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