Réunion Express : le grand projet régional sur les rails

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Le débat public sur le projet ferroviaire Réunion Express a démarré le 19 août et se poursuivra jusqu’au 26 novembre.

Organisé sous l’égide de la Commission nationale du débat public il permet de s’informer, de poser ses questions et de donner son avis sur ce projet majeur, qui vise à doter l’île d’un réseau ferré de 140 kilomètres entre Saint-Benoît et Saint-Joseph. Depuis l’abandon du projet de tram-train en 2010, le « retour du train » est attendu par un nombre grandissant de Réunionnais, comme l’ont montré les Etats généraux de la mobilité organisés en 2023 par la Région. Son coût total est, à ce jour, estimé entre 5,2 et 6 milliards d’euros selon les variantes. Des subventions de l’Etat et de l’Union européennes sont attendues pour la faire aboutir en complément des financements locaux et des prêts bancaires à long terme. Le lancement d’une première phase de travaux est envisagé à partir de 2030, pour des premières mises en service en 2035.

Le phasage du projet n’est pas encore arrêté et constitue l’un des sujets soumis à la discussion dans le cadre du débat public. Le principe retenu par la Région repose sur une première phase de réalisation dont le montant d’investissement n’excéderait pas 3 milliards d’euros. Dans ce cadre, plusieurs logiques de phasage sont envisageables : un démarrage sur les secteurs les plus congestionnés, une progression par bassins territoriaux ou encore une répartition des investissements sur plusieurs territoires.

L’offre Car Jaune se renforce
La première phase de déploiement du haut niveau de service sur le réseau Car Jaune a débuté le 18 août, jour de la rentrée scolaire, entre Saint-Paul, Saint-Denis et Saint-André. Cars à étage de 83 places, fréquence portée à un car toutes les 15 minutes aux heures de pointe et voies dédiées au transport en commun sur une cinquantaine de kilomètres sont autant d’arguments pour inciter les usagers à emprunter le réseau régional. Face à la hausse du prix des carburants, la Région Réunion maintient jusqu’au 31 octobre 2026 le dispositif qu’elle a mis en place en mai : la réduction de 50 % du prix des abonnements Car Jaune, réseau sur lequel la tarification unique à 2 euros le trajet ne change pas. Un ajustement des horaires, à partir des temps de parcours observés depuis décembre 2025, a d’autre part été effectué. En fin d’année 2026, une enquête de satisfaction du réseau régional sera réalisée par la Région Réunion et Cap’Run, le groupement composé des dix entreprises locales de transport en charge de l’exploitation du réseau Car Jaune et de Transdev, qui gère ce dernier.

Le marché automobile toujours au ralenti
Le nombre de véhicules neufs immatriculés à la Réunion au cours des sept premiers mois de l’année 2026 a baissé de 5,3% : 11 722 véhicules ont été mis en service sur la période janvier-juillet. La tendance au verdissement de la mobilité se confirme. Depuis le début de l’année, 50,2% des nouvelles immatriculations ont concerné des modèles hybrides et 14,1% des voitures 100% électriques, les modèles thermiques ne représentant que 33% des ventes. L’électrification du segment premium est notamment en bonne voie. 32,3% des immatriculations de voitures haut de gamme ont concerné des modèles électriques depuis le début de l’année (30% étaient des modèles hybrides, 24% des thermiques). En termes de marques, Renault occupe toujours la première place, devant Peugeot et Toyota. Dacia et Citroën suivent. Le principal distributeur de l’île reste, de loin, le groupe Hayot, loin devant le groupe Caillé et CFAO.

L’automobile à la Réunion : une tonne de CO2 par adulte
À la Réunion, chaque adulte émet une tonne de CO2 en moyenne lors de ses déplacements en voiture, selon un rapport récent de l’Insee analysant des données de 2022. Les émissions des voitures représentent un poids important au regard des engagements climatiques. Néanmoins, l’île se place parmi les départements français les moins émetteurs. En effet, les ménages de la Réunion possèdent moins de voitures qu’ailleurs, leurs véhicules sont plus récents, moins lourds et moins puissants. Cependant, souligne l’Insee, le nombre de voitures et leurs caractéristiques se rapprochent, au fil du temps, de la moyenne nationale. Un quart des émissions liées aux déplacements en voiture des ménages sont générées par les seuls trajets domicile-travail. Huit adultes sur dix privilégient la voiture pour aller travailler et ces automobilistes sont à l’origine de la quasi-totalité des émissions liées aux déplacements domicile-travail. Si 10% des automobilistes se rendaient au travail en vélo ou en transports en commun, la baisse de ces émissions serait comprise entre 4 et 9,5%.
Autre constat : les personnes résidant là où le réseau de bus est le plus développé émettent moins de CO2 que les autres pour aller travailler. C’est aussi le cas des femmes, des employés et des jeunes.

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