Récompensant un engagement sans faille, Flora Pedase-Brasier a pris en janvier 2022 la direction générale du distributeur non alimentaire Mascadis. Alors que l’entreprise célébrera ses 25 ans en 2027, c’est l’occasion de revenir sur un parcours personnel qui s’accompagne d’une vision du rôle du collectif et de l’évolution de l’entreprise.
Leader Réunion : L’an prochain, Mascadis soufflera ses 25 bougies et vous, vous aurez 20 ans de présence. Aujourd’hui, quelle est votre plus grande fierté ?
Flora Pedase-Brasier : La pérennité de Mascadis, qui est une PME à l’origine familiale ! Grâce à une équipe engagée et malgré un marché souvent instable, nous avons su nous adapter et grandir. Ce qui fait notre force, c’est notre cohésion. La réussite est le fruit d’un travail collectif. Seuls, les dirigeants n’auraient pu réaliser cet exploit. Qu’ils s’agissent des anciens ou de moi, nous avons su fédérer une équipe pour qu’elle donne le meilleur d’elle-même.
Je pense à Kevin Fontaine, mon binôme depuis 14 ans, devenu directeur commercial quand il y a 10 ans j’étais nommée directrice adjointe de Mascadis. Je pense aussi à Sébastien Paulo, notre pilier logistique depuis 13 ans également. Je n’oublie pas les récents collaborateurs qui apportent des idées fraîches, d’autres façons de voir. Tous partagent les mêmes valeurs. C’est cette unité qui nous permet de relever les défis. Une autre fierté : la confiance renouvelée de nos clients, qui apprécient notre professionnalisme et notre engagement.
Dans votre parcours, quels moments vous ont le plus marquée ?
Mon arrivée chez Mascadis, il y a 20 ans, reste gravée. Alors tout juste diplômée d’un BTS, j’avais dû abandonner mes études pour aider ma famille. Mascadis a été la première entreprise à me donner ma chance. J’ai commencé en tant qu’assistante standardiste à l’accueil.
En montrant que je souhaitais m’investir de plus en plus, j’ai progressivement pris des responsabilités, jusqu’à la transmission officielle des rênes de l’entreprise lorsque les fondateurs, Jean-Luc Billaud et Mario Feragotto, ont choisi de nous faire confiance, à Kevin et à moi, qui incarnions la nouvelle génération. Pour nous, le défi était de taille. Nous l’avons relevé avec l’aide d’un formateur à la direction d’entreprise qui nous a accompagnés pendant 4 ans. Un autre moment fort a été le lancement de notre marque Mascalight en 2013. Un vrai challenge pour un distributeur de marques nationales comme nous. Je pourrais citer encore la gestion des crises : Covid, inflation, guerres… Aujourd’hui, dans un climat général plutôt pessimiste, Mascadis continue de progresser, de recruter et d’innover.
Mascadis grandit avec de nouvelles marques, comme les produits pour le jardin Algoflash. Comment se porte la société et quelle est votre vision pour l’avenir ?
Si Mascadis est solide, c’est grâce à ses presque 25 ans d’expérience et à son équipe porteuse d’ambition. La moyenne d’âge s’élève à 36 ans. Alimentée par cette jeunesse et cette expérience, notre force réside dans notre capacité à nous adapter, que ce soit au marché, aux produits ou aux besoins des salariés. Notre vision en découle : elle est depuis le début de diversifier notre offre tout en restant fidèles à notre ADN d’entreprise locale proche de ses collaborateurs, de ses clients et de ses fournisseurs, avec lesquels elle noue des partenariats gagnant-gagnant et durables.
Pourquoi avoir créé Mascalight et que propose votre marque aujourd’hui ?
En éclairage, le marché réunionnais a des besoins spécifiques. Ils étaient mal couverts par les fournisseurs métropolitains ou européens, à cause de produits souvent trop chers ou inadaptés. Voilà pourquoi nous avons développé Mascalight – pour répondre à ces attentes locales. Mascalight nous permet de maîtriser notre offre, sa distribution et sa commercialisation, notamment d’éviter les ruptures de stock.
Ce fut un véritable défi pour une petite entreprise comme la nôtre. Sur le plan réglementaire, il nous a fallu gérer la conformité au registre EPREL (le registre européen des produits pour l’étiquetage énergétique). Pour la mise sur le marché des produits, l’enregistrement sur cette base de données de l’Union européenne est obligatoire. Cette démarche très technique nous a fait douter. Finalement, après une formation poussée, nous avons réussi et Mascalight rivalise désormais avec les marques nationales en termes de qualité comme de choix. La marque est bien implantée localement et d’ici la fin de l’année, un autre développement est prévu.
Diriger une entreprise, c’est affronter des défis constants. Comment les transformez-vous en forces ?
Comme je le disais : par l’adaptation et le travail d’équipe. Et c’est dans ces périodes que se renforcent les liens non seulement avec nos fournisseurs et nos clients les plus fiables, mais aussi entre nos collaborateurs. Pour surmonter les difficultés, l’engagement est la clé. Nous sommes maintenant 15 et chez nous, la qualité de vie au travail est une priorité. Les récents recrutés se montrent souvent surpris par notre environnement !
Vous évoluez dans un secteur où les négociations sont exigeantes. En tant que femme dirigeante, avez-vous dû convaincre davantage ?
J’ai dû faire mes preuves, non pas en raison de mon genre – les mentalités ont quand même évolué – mais de mon jeune âge. Au début, certains me voyaient comme une étudiante sortante d’école mais les résultats ont parlé pour moi. Lorsqu’on possède les compétences, on devient crédible et il n’y a plus de débat. J’ai gagné la confiance des anciens dirigeants, de Kevin et Sébastien, et des interlocuteurs que j’étais amenée à rencontrer. À présent, l’on me témoigne beaucoup de respect dans ce métier.
Quels conseils donneriez-vous à une jeune Réunionnaise qui rêve d’évoluer dans le monde de l’entreprise ?

Je lui dirais d’oser saisir les opportunités, comme je l’ai fait après avoir quitté mes études. De se donner à 200 %, sans se poser de questions sur le genre ou l’âge. De croire en ses capacités. Je lui conseillerais aussi de se former en permanence, d’être persévérante.
Après 20 ans de carrière, je continue à apprendre, soit dans des structures de formation, soit de façon personnelle !
Mais s’il y a quelque chose de fondamental à mes yeux, c’est de rester fidèle à ses valeurs, et de toujours mettre le client au centre de ses actions car sans ses clients une entreprise commerciale n’existe pas. Pour diriger, l’important est de s’entourer des bonnes personnes.
Comme le dit le célèbre proverbe : « Seule, on va plus vite mais ensemble, on va plus loin. » Je le vérifie chaque jour.













