Un Posei à plus de 7 milliards d’euros ?

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En mai dernier, le Parlement européen a envoyé un signal de soutien aux Régions ultrapériphériques (RUP) en se prononçant en faveur de la revalorisation budgétaire du Posei (« Programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité »). La Production Locale Réunie y voit « un acte politique majeur ».

Après des mois d’intense mobilisation des acteurs, les députés européens ont validé la nécessité non seulement de sanctuariser les aides agricoles en faveur des RUP à travers le Posei, mais aussi de l’augmenter pour répondre notamment à la hausse des coûts de production qui pèsent sur nos filières agricoles, de l’aquaculture et de la pêche. Un vote qui n’est pas une simple formalité : en proposant une ligne budgétaire spécifique pour le Posei de 7,3 milliards d’euros pour la période 2028-2034, soit une augmentation significative de 3 milliards d’euros, le Parlement européen pose trois piliers non négociables : l’autonomie éprouvée du Posei en tant qu’instrument européen distinct ; le renforcement des moyens pour absorber une partie des surcoûts de production liés à notre éloignement et à notre insularité ; la reconnaissance pérenne des spécificités structurelles des RUP.

Le « bouclier » activé

Ainsi, au cœur du rapport adopté, le paragraphe 36 affirme la nécessité de garantir « une application pleine et effective » de l’article 349 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne en prévoyant des financements spécifiques, distincts et suffisants pour les RUP dans le prochain cadre financier pluriannuel. Ce paragraphe appelle clairement à une enveloppe budgétaire dédiée au Posei incluant l’agriculture, l’aquaculture et la pêche comme leviers essentiels de sécurité alimentaire, d’emploi, de développement économique et de cohésion sociale dans les territoires ultrapériphériques. « Par son vote, le Parlement réaffirme ainsi l’engagement de l’Europe aux côtés de tous ses territoires », souligne la Production Locale Réunie.

Une avancée, pas une victoire

L’association, qui regroupe les représentants des filières de l’agriculture et de la pêche ainsi que l’industrie réunionnaise (Adir, Aribev, Arifel, Aripa, Ariv, et le Syndicat du Sucre), rappelle toutefois que rien n’est acquis car si ce vote constitue un solide prérequis, il ne vaut pas pour autant budget. La séquence qui s’ouvre est donc stratégique : la présidence actuelle chypriote du Conseil visait la présentation d’un premier compromis lors du Conseil de l’Union européenne des 18 et 19 juin, avec pour objectif un accord budgétaire global avant la fin de l’année.

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