Il accueille jusqu’à la mi-juin le Champlain, navire de la Marine nationale, pour un entretien complet et le renouvellement de certaines pièces et certains matériels.
Si le Grand Port Maritime de La Réunion (GPMLR) s’est doté de cet équipement, c’est pour permettre l’entretien et la réparation des flottes de pêche et autres sur place à La Réunion. Avec ses 120 mètres de long pour 40 mètres de large, ses deux grues et sa capacité de mettre à sec par levage des navires pesant jusqu’à 4 600 tonnes, il porte bien son nom… Pour préserver la structure métallique en cas de cyclone, le puissant pilier d’amarrage et les mâchoires de son attache au quai n° 9 du port Ouest en imposent également. En France, quatre docks flottants du même type sont en service : à Rouen, en Guadeloupe, en Polynésie française, et donc désormais à La Réunion. Envisagé dès les années 2000, le projet de pouvoir proposer un tel outil aux armements et à la Marine nationale n’a pu se concrétiser qu’à partir de 2018. Quatre ans plus tard, le chantier naval de Kherson, en Ukraine, s’apprêtait à démarrer la construction du dock flottant lorsque la guerre a éclaté. Le GPMLR a dû trouver une solution de rechange : un dock flottant d’occasion récupéré au Nigeria, complètement rénové en Afrique du Sud avant d’être acheminé à La Réunion. Testé le mois dernier avec un bateau de pêche, le dock flottant Titan a donné pleine satisfaction. Le coût total de l’opération (matériel, transport, travaux) atteint 28 millions d’euros. L’investissement a bénéficié d’une aide financière européenne.
Un progrès industriel
Le 21 avril, un aperçu du chantier d’entretien du premier navire utilisant le dock flottant a été donné par le capitaine de corvette Augustin, commandant du Champlain, bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM). Le principe de fonctionnement du dock est assez simple. Lesté d’eau, le dock est immergé (il peut plonger jusqu’à 7 m de profondeur). Le navire devant être mis à sec prend alors position entre ses deux parois latérales. Lâchant son lest d’eau, le dock flottant remonte à l’air libre en soulevant sa charge. En l’occurrence, ici celle d’un bateau de 2 500 tonnes, long de 62 mètres et large de 24 mètres. Affecté notamment à la surveillance maritime, ce navire mis à l’eau en 2017 en est à son second entretien général quinquennal. Un chantier d’une durée d’environ deux mois, confié par la Marine nationale à Piriou. Un deuxième chantier est d’ores et déjà programmé.