« Je ne me vois pas comme un leader. Je n’ai jamais cherché à l’être. Je suis porté par une mission : que les autres enfants reçoivent le meilleur, comme je le veux pour mes propres enfants », déclare Mohamed El Mazzouji, fondateur de Domissori, entreprise réunionnaise de garde d’enfants éducative à domicile, un projet né du start-up studio Educ-up. En 2019. Domissori a été une des premières start-up « accélérées » par le Village by CA de La Réunion. C’est l’une des belles réussites à ce jour en termes de rayonnement d’une entreprise issue de cet incubateur local. Domissori pour « Montessori à domicile ». Déclinant les travaux de Maria Montessori à la garde d’enfants à domicile, le concept renoue avec la philosophie première de la célèbre médecin pédagogue : le soutien aux enfants issus de milieux très modestes ou à des enfants ayant des besoins spécifiques. Présent dans l’Hexagone et à La Réunion, Domissori emploie aujourd’hui plus de 1000 collaborateurs, des femmes à 90 %, intervenant pour l’essentiel dans les quartiers prioritaires des villes (QPV) et les ruralités, là où les besoins de soutien éducatif sont les plus criants. En pleine croissance, l’entreprise continue de se développer à partir de La Réunion, où elle a son siège. Domissori n’innove pas seulement au sein des services à domicile. Elle le fait également dans le financement des gardes d’enfant, ainsi que dans son fonctionnement. Dépourvue de direction managériale verticale, elle s’appuie sur une organisation décentralisée en mettant en œuvre un concept d’intrapreneuriat responsable : elle donne aux salariés les moyens d’agir comme des entrepreneurs à l’échelle de leurs territoires. Le résultat est sans appel. Champion de la croissance quatre années de suite, de 2023 à 2026, dans le classement Les Échos-Statista (premier dans les catégories « Outre-mer » et « Education »), Domissori est également lauréat de l’indice Impact 40/120 du Mouvement Impact France, qui la place parmi les « Licornes à Impact » : elle est considérée comme l’une des 40 entreprises à impact les plus prometteuses de France. Mohamed El Mazzouji figure dans le palmarès des 40 leaders les plus engagés au service de l’intérêt général de l’Institut Choiseul. Prix Coup de cœur des Medef Business Awards en 2025, il est aussi lauréat des Trophées Marocains du Monde 2025 dans la rubrique « Engagement sociétal ». En septembre dernier, il était invité à l’Élysée, avec 14 autres membres du Mouvement Impact France, pour discuter avec les conseillers du président de la République du devenir de ce secteur émergent qui met l’économie au service du progrès social et de l’intérêt général. Le 28 octobre, il était de nouveau reçu à l’Élysée par le président de la République pour mener des réflexions autour de l’impact des réseaux sociaux et des écrans sur les enfants.

(de gauche à droite) Cyrielle Durand, responsable des recrutements, Sadjida Hossenbaccas, référente juridique territoire, Cécile Clain, chargée de mission RH. À droite : en septembre 2025, parmi les membres du Mouvement Impact France reçus au Palais de l’Élysée.
Leader Réunion : Vous avez été reçu à plusieurs reprises à l’Élysée. Qu’en retenez-vous ?
Mohamed El Mazzouji : Ces rencontres symbolisent la reconnaissance au plus haut niveau de l’entrepreneuriat à impact auquel j’appartiens. Les fondateurs et dirigeants d’entreprises à impact sont animés avant tout par l’objectif de transformer positivement la société, de répondre aux besoins des individus, du collectif de manière générale – que ce soit dans l’écologie, la santé, l’alimentation ou, dans mon cas, l’éducation. Cette dernière thématique me semble fondamentale pour l’avenir de notre société. Ce qui m’a donc marqué, c’est que les entrepreneurs à impact soient reçus au palais de l’Élysée pour réfléchir à l’avenir de notre pays.
À l’époque où vous étiez ingénieur-chercheur au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), étiez-vous déjà impliqué dans la vie associative ?
Mon engagement pour l’éducation remonte à mes années d’étudiant. Je viens d’un milieu populaire. Personnellement, j’ai eu la chance d’être soutenu dans mon parcours scolaire, avec une posture bienveillante, par mes parents pourtant illettrés. La majorité des enfants issus de ces milieux n’ont pas cette chance. Leurs parents ne disposent pas d’outils éducatifs adaptés, ils n’ont parfois même pas connaissance de leur existence. Durant mes études, je me suis très tôt impliqué dans l’accompagnement des enfants défavorisés pour les aider à s’épanouir dans le système scolaire. C’était déjà mon enjeu : non pas l’apprentissage en tant que tel parce que j’estime qu’il est naturel chez un enfant mais une meilleure préparation de l’environnement propice à cet apprentissage, passant principalement par le domicile familial. Cet engagement s’est poursuivi tout au long de ma carrière d’ingénieur, durant laquelle j’ai toujours évolué dans le milieu associatif bénévolement. Jusqu’au jour où j’ai décidé d’agir autrement en devenant entrepreneur social et en donnant naissance à une nouvelle vision au travers du projet Domissori.
Est-il exact de dire que l’échec scolaire est davantage lié à l’environnement familial qu’à l’école elle-même ?

Je ne désigne pas l’environnement familial comme la cause de l’échec scolaire. Mon constat, c’est qu’il n’est pas possible de regarder cette problématique de l’instruction de nos enfants uniquement sous l’angle du système éducatif. En France, les résultats scolaires sont en baisse depuis plus de 20 ans, au point que notre pays se classe aujourd’hui parmi les moins bons de l’OCDE. Or la réussite éducative ne dépend pas seulement du système scolaire : l’environnement familial, social, urbain, dans lequel l’enfant évolue joue un rôle déterminant. J’ai décidé de consacrer ma vie à identifier et à tenter d’agir sur tous les paramètres que je crois possible de faire évoluer dans l’environnement des enfants. Mon but : leur offrir un avenir meilleur et par là, je l’espère, contribuer à améliorer les résultats de l’Éducation nationale.
L’œuvre de Maria Montessori a-t-elle été le déclic pour créer Domissori ?
C’est en devenant papa en 2013 que j’ai découvert Maria Montessori. Dans le milieu associatif où j’accompagnais des adolescents, les ressources sur l’accompagnement de la petite enfance étaient rares et le plus souvent limitées aux aspects sanitaires : la santé, l’alimentation, le sommeil, la croissance. Je me suis demandé comment accompagner un jeune enfant éducativement. J’ai alors découvert l’action de Maria Montessori, qui m’a profondément touché. Son héritage, que l’on retrouve aujourd’hui dans les écoles éponymes, m’a passionné. Elle a démontré que des enfants issus de milieux très pauvres, orphelins, abandonnés ou traumatisés, qui n’étaient même pas destinés à aller à l’école, obtenaient des résultats scolaires exceptionnels grâce à son approche éducative. Aujourd’hui, des écoles modernes Montessori existent partout dans le monde, mais elles sont coûteuses. Elles excluent de facto les familles modestes. J’ai créé Domissori pour rendre cette approche accessible au plus grand nombre et retrouver le sens initial de l’œuvre de Maria Montessori.
De quelle façon ? En donnant un contenu pédagogique à la garde d’enfants à domicile ?
En effet. La pédagogie Montessori est perçue seulement en tant qu’apprentissage scolaire. J’ai jugé utile de la revivifier et de réfléchir à une approche éducative qui sortirait de la dimension purement scolaire en l’amenant au sein des foyers, à la maison, et en la mettant entre les mains des parents. C’est ainsi qu’a germé l’idée de Domissori : « Montessori à domicile ».
Comment cette idée a-t-elle été accueillie ? Vous n’avez jamais rencontré d’opposition, de scepticisme ?
Certains des disciples des écoles Montessori m’ont critiqué. Pour leur répondre, il m’a suffi de leur demander si leurs établissements s’adressaient aux familles sans moyens, aux enfants orphelins ou traumatisés auxquels se consacrait Maria Montessori. Une autre remarque que l’on m’oppose, c’est que ce type d’approche éducative auprès des enfants n’est pas limitée à « Montessori ». C’est exact, mais la vision de Maria Montessori m’a personnellement touché : quel lien, quelle relation doit-on construire avec l’enfant ? Comment peut-il développer ce potentiel qui est en lui, qui lui est propre quels que soient son milieu social et la famille à laquelle il appartient ? J’ai connu par ailleurs les obstacles inhérents à tout chef d’entreprise qui innove. Mais globalement, nous avons été soutenus dès notre démarrage – juste avant la crise sanitaire de la Covid –, en particulier à La Réunion. Par des acteurs qui ont compris le projet et contribué à ce qu’il est aujourd’hui.
Votre modèle économique associe privé et public. En quoi est-il innovant ?
Sous réserve de disposer des agréments nécessaires, n’importe quelle entreprise délivrant des prestations de garde d’enfants à domicile permet à ses familles clientes d’être éligibles aux aides financières de la CAF. Les services à la personne donnent aussi accès à des avantages fiscaux comme le crédit d’impôt de 50 % du montant engagé, une aide aujourd’hui modernisée grâce à un dispositif de l’administration publique appelé « Avance immédiate ». Ce modèle de coopération entre privé et public, toutes les sociétés de services à domicile et de garde d’enfants peuvent en bénéficier. Là où Domissori invente, c’est sur le reste à charge supporté par les familles. Les aides des CAF couvrent au maximum 85 % des coûts de garde. Les 15 % restants, même s’il ne s’agit que de quelques dizaines d’euros, demeurent un frein financier pour les familles modestes ou précaires. Ce frein les empêche donc de bénéficier de la CAF. Notre innovation réside dans un modèle de « bourse parentale », créé en partenariat avec l’association Ed’Solidaire. Cette bourse couvre le reste à charge, permettant la prise en charge à 100 % de la garde d’enfants pour les familles les plus modestes. Nous avons été pilotes, et donc les premiers à proposer cette solution aux familles. J’espère qu’elle se développera auprès des autres acteurs de la garde d’enfants.

En 2023, Educ-up réussit une levée de fonds de 7 millions d’euros. Trois ans plus tard, l’entreprise Domissori est devenue rentable. Elle est aujourd’hui présente dans 15 départements et emploie plus de 1 000 collaborateurs. Comment gérez-vous cette croissance exponentielle ?
La levée de fonds n’a pas seulement favorisé le développement de Domissori : Educ-up, en tant que start-up studio, a poursuivi d’autres activités. Concernant Domissori, l’entreprise a dès le départ été pensée de façon à pouvoir se déployer sur toute la France. Domissori a atteint son seuil de rentabilité fin 2025. Pour y parvenir, nous avions l’objectif de 1 000 intervenants à domicile. Mais pour nous, parler de croissance c’est avant tout parler de l’impact social de Domissori. La gestion rigoureuse est au service de ce projet et notre croissance est un levier pour amplifier cet impact. Nos salariés ont des profils d’éducateurs. Ils sont employés en CDI à temps partiel. Nous développons leur potentiel personnel, nous les accompagnons et les fédérons autour de cette mission pour la réussite éducative de tous les enfants. Ils interviennent dans les quartiers prioritaires ainsi qu’en milieu rural. Nous recrutons localement – notamment dans les quartiers prioritaires –, au plus près des familles. Chaque intervenant a ainsi un impact sur les parents, qui sont soutenus ; sur les enfants, qui sont accompagnés ; et aussi sur l’économie locale des quartiers. Pour gérer la croissance de l’activité, l’enjeu numéro un était d’atteindre ce seuil de rentabilité dans un contexte social et économique de plus en plus difficile. Le défi maintenant, c’est de piloter cette croissance avec rigueur tout en restant ancré à La Réunion, où Domissori a vu le jour. Je suis fier de continuer à faire rayonner un projet réunionnais sur l’ensemble de l’Hexagone.
Quelle est la gouvernance de Domissori ?
Elle est atypique. L’entreprise n’a pas de manager mais des leaders ; l’organigramme n’est pas vertical, il est plutôt décentralisé. Chez nous, RH signifie « Révélations humaines ». Notre organisation repose sur deux rôles piliers : les gardiens, qui assurent le bon fonctionnement de l’entreprise ; et les développeurs, qui stimulent sa croissance. Un équilibre est nécessaire entre les deux. Dans la période actuelle de la vie de la société, un peu plus complexe du fait du contexte économique global, il est indispensable de piloter de manière concomitante et la croissance et la rentabilité.

Comment fonctionne l’ensemble ?
Aux équipes, je décris souvent Domissori comme « un organisme vivant évoluant par étapes ». Plus précisément, « comme un papillon ». Nous sommes partis de l’œuf : l’idée originelle a germé durant trois ans (2017 à 2019). De cet œuf est née une chenille qui s’est développée très lentement et de manière peu structurée (2020 à 2022). Nous sommes ensuite entrés dans le stade de la chrysalide : il s’agissait d’opérer la transformation intérieure de Domissori afin de préparer l’envol de l’entreprise (2023 à 2025). Chacune de ces phases a donc pris trois ans. À présent, ayant atteint la rentabilité et notre seuil de 1 000 intervenants, nous prenons notre envol tel un papillon libre et harmonieux et nous souhaitons qu’il devienne un jour un papillon monarque, de 2026 à 2028. Cette métaphore guide notre développement, tant collectif qu’individuel. Chaque individu rejoignant le projet suit cette évolution de l’œuf vers la chenille, puis la chrysalide, et enfin le papillon. Il devient alors leader autonome et prend son envol. À son tour il peut accompagner l’éclosion de futurs papillons au sein de notre organisation !
Votre rôle est d’être le leader des leaders ?
Je ne me vois pas comme un leader. Je n’ai jamais cherché à l’être. Je me suis donné une mission : que les autres enfants reçoivent le meilleur, comme je le veux pour mes propres enfants. L’entrepreneuriat n’est pas qu’une question d’ambition, de chiffres ni de levée de fonds : c’est avant tout une volonté d’améliorer concrètement la vie des gens. C’est ainsi que l’on génère de l’impact humain. Nos clients le comprennent : nous ne sommes pas guidés par le seul chiffre d’affaires, mais par le désir profond de les aider dans leurs rôles de parents. Ils perçoivent cette sincérité. D’autres leaders d’entreprise vivent cela, j’en suis convaincu. Et bon nombre d’entrepreneurs en herbe pourraient s’en inspirer.
Educ-up a par ailleurs créé un centre de formation à distance : Edacademy. Dans quel but ?
Quelles sont les compétences exigées pour la garde d’enfants ? Pour les moins de 3 ans, une formation à la petite enfance ; pour les plus de 3 ans, aucune formation ! Aller plus loin, comme nous le faisons à Domissori, nécessite de comprendre les enfants, leurs besoins, les enjeux autour de leur développement non seulement physique mais aussi intellectuel, cognitif, émotionnel et relationnel. Ce sont des compétences qui s’acquièrent pour les professionnels. Nos premiers collaborateurs étaient souvent des éducateurs issus des écoles Montessori. Il est très vite apparu nécessaire de former nos équipes. Edacademy est un centre de formation spécialisé dans le service à la personne et la petite enfance : à ses formations diplômantes comme des CAP, BEP ou Bac pro, nous ajoutons l’approche Montessori adaptée à la maison, l’accompagnement à la parentalité, la gestion des émotions et du stress chez l’adulte mais aussi chez l’enfant. Edacademy est présidé par Abdelaali El Badaoui, une grande figure de l’innovation sociale et de la santé publique en France. C’est Edacademy qui conçoit ces formations.
Le développement de Domissori se poursuit sous forme de franchise. Vous avez annoncé un objectif de 50 franchisés. Où en êtes-vous ?
De gauche à droite : en haut, l’équipe réunionnaise et celle de Perpignan, Montpellier et Marseille ; en bas, l’équipe de Chambéry et celle de Paris.
D’une part, nous poursuivons notre développement par « croissance organique » – pour reprendre le jargon des entreprises. D’autre part, nous avons en effet décidé de l’accélérer en ouvrant le modèle à des franchisés. Principalement au sein des quartiers populaires de territoires où Domissori n’est pas implantée en propre. Nous accompagnons les franchisés pendant une période d’un an, le temps qu’ils puissent ouvrir et développer leurs franchises sur ces territoires. « Développer » signifie, pour nous, créer des emplois d’éducateurs à domicile et apporter nos solutions aux parents, notamment dans ces milieux modestes. À ce jour, nous avons identifié dix futurs franchisés. Nous sommes en train de les accompagner pour qu’ils démarrent leur activité durant l’année 2026. Pour les trois prochaines années, l’objectif est de 50 franchisés.
La Réunion est-elle concernée ?
Idéalement, nous voudrions quatre franchisés sur l’île. Nous y employons à ce jour une cinquantaine d’intervenants. Le siège de Domissori étant à Saint-Denis, l’activité est surtout présente dans le nord. Avec un taux de chômage plus du double du taux national et une natalité plus forte que dans l’Hexagone, le potentiel est énorme et Domissori pourrait faire beaucoup mieux. Nous aimerions l’implanter dans les quatre secteurs nord, sud, est et ouest de l’île. Il s’agira d’identifier quatre futurs chefs d’entreprise qui auront une exclusivité Domissori sur leurs territoires.
Combien d’enfants bénéficient de vos gardes d’enfant éducatives ?
Je dirais qu’environ 12 500 ont été ou sont accompagnés. Nous avons dépassé fin 2025 le cap des 5 000 familles, dont 80 % dans les quartiers prioritaires des villes ou des ruralités. Une famille est accompagnée pendant au minimum 12 mois à raison d’au moins quatre heures d’intervention à domicile hebdomadaires. Nous ne proposons pas d’accompagnement ponctuel, ce qui nous permet de produire un réel impact sur un temps long.

Ces enfants font-ils l’objet d’un suivi pour observer si leur scolarité en profite ?
Le suivi est fait par les parents. Ils se responsabilisent à ce sujet. À l’issue de l’année d’accompagnement, leurs retours sont nettement favorables. Ce qui revient en premier lieu, c’est l’évolution de la relation entre l’enfant et ses parents – un axe majeur dans le développement des enfants. Les parents, quant à eux, découvrent d’autres manières d’accompagner leur enfant que la méthode « à la dure » qu’ils ont généralement eux-mêmes connue. Nous souhaiterions suivre le parcours de ces enfants dans un temps encore plus long, pouvoir constater dans 20 ans qu’ils ont eu un taux de réussite dans la société nettement supérieur aux enfants qui n’ont pas été accompagnés.
La Réunion est le berceau de votre projet. L’île continue-t-elle d’occuper une place particulière dans votre dispositif national ?
J’ai quitté le CEA en mai 2019. Je suis venu à La Réunion. En septembre 2019, Domissori voyait le jour. En octobre, je rejoignais le Village by CA. Un mois plus tard, j’obtenais mon premier financement grâce à Initiative Réunion. Je vois cette île comme la maman de Domissori. Mon attachement y est très fort. Je tiens particulièrement à y maintenir le siège. J’ai cité le Village by CA et Initiative Réunion mais d’autres acteurs locaux nous ont épaulés. Je ne peux pas tous les citer mais je pense en particulier à la Région Réunion. Elle a largement contribué, y compris financièrement, à assurer le développement de Domissori en dehors du territoire réunionnais. Je suis très reconnaissant envers tous ces acteurs locaux : ils nous ont permis d’atteindre le seuil de rentabilité et, ainsi, de poursuivre l’aventure dans de meilleures conditions.
Vous venez d’intégrer l’accélérateur de Bpifrance. Que vous apporte ce programme ?
Bpifrance Réunion fait partie des acteurs que je viens d’évoquer. C’est à présent l’accélérateur de Bpifrance qui nous accompagne dans notre transformation pour devenir une entreprise mature de taille intermédiaire (ETI). En effet, Domissori s’inscrit désormais dans une trajectoire vers le statut d’ETI. Des consultants travaillent avec nous : ils nous aident à réussir cette transformation. Nous avons rejoint aussi le programme de l’État « ÉTIncelle », qui accompagne les petites et moyennes entreprises dans leur croissance pour devenir des ETI. Nous sommes fiers de faire partie de la récente promotion de ce programme. Lui aussi va nous aider à opérer ce changement d’échelle.
Fixez-vous une limite au développement de Domissori ?
Non, aucune limite ! Ce qui nous anime, c’est l’impact social positif : contribuer à la réussite éducative au sein des quartiers populaires. Nous ne nous donnons pas d’objectif chiffré mais un objectif d’engagement pour agir de notre mieux au quotidien.
Avez-vous des projets d’expansion géographique ?
Si un jour Domissori couvrait 100 % des quartiers prioritaires des villes – qui, pour nous, sont des « quartiers à haut potentiel » –, nous pourrions alors envisager d’aller voir d’autres pays. J’aimerais contribuer au développement de l’Afrique, dont je suis originaire par mes parents. C’est un rêve, un devoir et comme le dit l’expression : The sky is the limit…
DE L’ENGAGEMENT ASSOCIATIF A L’ENTREPRENEURIAT A IMPACT
Mohamed El Mazzouji est originaire de Beaucaire (Gard). Diplômé de l’École nationale supérieure des arts et métiers (Ensam), il a suivi une carrière d’ingénieur, notamment au Commissariat à l’énergie atomique. Engagé très tôt dans le milieu associatif pour l’éducation, il a posé les bases du concept d’Educ-up en 2016. C’est en 2019 qu’il s’est installé à La Réunion et qu’il a créé Domissori après avoir rejoint le village by CA.

















