Garantie de meilleure rémunération, accompagnement vers une agriculture durable, contribution au maintien de territoires ruraux : l’ONG Max Havelaar France présente un nouveau dispositif de certification innovant pour soutenir les producteurs français les plus fragiles économiquement dans les filières lait et blé.
Tout travail mérite salaire : or le métier d’agriculteur ne garantit même plus le salaire minium français. Pire, un tiers des agriculteurs perçoit moins de 350 euros de revenu d’exploitation. La pandémie a permis une prise de conscience des Français. Selon un sondage OpinionWay inédit, si le Made in France est toujours plébiscité (62 %), ils sont désormais 53 % à réclamer le respect d’un prix payé aux agriculteurs qui couvre leurs coûts de production et 81 % déclarent avoir agi à leur échelle pour soutenir l’agriculture hexagonale depuis le début de la crise. Alors que le gouvernement, dans une prochaine loi EGALIM 2, se penche sur ce mécanisme central du prix payé aux agriculteurs, outil par excellence du commerce équitable, Max Havelaar présente un nouveau dispositif de certification destiné aux producteurs français des filières lait et blé. Fondé il y a 30 ans pour soutenir les producteurs vulnérables d’Amérique Latine, d’Afrique et d’Asie, le mouvement Fairtrade Max Havelaar constate en effet que la détresse des agriculteurs n’est plus seulement la réalité des autres. Fairtrade Max Havelaar s’engage aujourd’hui sur les filières françaises de blé et lait grâce à une méthode inédite de fixation du prix garanti en fonction du territoire et d’un objectif chiffré de revenu. La traditionnelle prime collective propre au commerce équitable, l’éligibilité automatique en cas de conversion vers le bio et un cahier des charges compatible Haute Valeur Environnementale-HVE, seront des outils d’accompagnement vers une agriculture durable. L’approche territoriale et l’éligibilité des jeunes en installation contribueront au maintien de l’activité agricole dans les territoires en déprise. Cette innovation est expérimentée sur le marché français et le dialogue est ouvert au niveau européen.
Des produits français équitables Max Havelaar
« En s’engageant dans la certification Produits laitiers équitables Max Havelaar, notre objectif est d’obtenir pour la filière lait Charentes-Poitou une valorisation décente, pour mieux rémunérer la qualité du travail des producteurs et ainsi maintenir cette filière laitière en déprise depuis quelques années sur notre territoire » indique Patrick Roulleau, président de l’Association Centrale des Laiteries Coopératives des Charentes et du Poitou (ACLCCP). « A ce jour, deux tiers des exploitations céréalières du Gers ne dégagent pas de revenu. Ce projet représente pour nous la promesse d’être considérés et rémunérés dignement. Il apporte des perspectives, de la visibilité et une certaine pérennité à nos exploitations » déclare Florent Estebenet, agriculteur et administrateur de la coopérative agricole Vivadour dans le Gers. « Nous avons utilisé les leçons de nos filières historiques pour créer ce nouveau cahier des charges adapté à la France, en dialoguant avec les producteurs. Alors que tout le monde parle de garantir un prix juste, transparent et supérieur aux coûts de production à l’agriculteur, nous le proposons aujourd’hui concrètement et de façon territorialisée » estime Blaise Desbordes, directeur général de Max Havelaar France.
Le Nord et le Sud solidaires dans des produits nouveaux
Parce que le commerce équitable porte des valeurs universelles, le développement d’une production française certifiée Fairtrade Max Havelaar sera également un levier de croissance pour les filières historiques du Sud. Les nouveaux ingrédients blé et lait complèteront les ingrédients équitables habitues produits hors de France (cacao, fruits exotiques, sucre de canne, café). De nouvelles catégories équitables de produits seront rendues possibles, là où cohabitent lait et vanille, blé et pépites de chocolat : yaourts, crèmes dessert, viennoiseries, pâtisseries, biscuiterie. « Plus d’ingrédients certifiés permettra la création de produits nouveaux, cela favorisera une solidarité de fait entre agriculteurs fragilisés au Nord et au Sud, et garantira un juste prix à l’agriculteur, où qu’il soit » souligne Blaise Desbordes.
Un constat préoccupant

Une enquête d’opinion conforte l’initiative
A l’occasion de la vingtième édition de la Quinzaine du Commerce Equitable au mois de mai dernier, Max Havelaar a souhaité donner la parole sur l’agriculture aux Français via un sondage OpinionWay.

Les principales garanties du standard Fairtrade/Max Havelaar pour les filières blé et lait
Pour les producteurs et productrices :
- Un prix minimum payé aux agriculteurs et défini sur la base des prix de revient. Une prime financée par l’ensemble des maillons en aval de l’organisation de producteurs, gérée collectivement par les producteurs et dédiée aux projets sociaux et à la transition écologique.
- Un engagement de l’ensemble de la filière sur des contrats pluriannuels.
Pour améliorer l’impact de l’engagement des acteurs de la filière équitable :
- Certification destinée aux agriculteurs vulnérables des territoires vulnérables. Certification destinée aux agriculteurs jeunes installés. •Certification conçue pour soutenir la transition écologique.
- Certification adressée aux agriculteurs organisés collectivement.
Support de l’organisation collective aux producteurs :
- Accompagnement pour atteindre les exigences de la certification.
- Formation à des pratiques plus durables.
Pour l’environnement et la santé humaine :
- Contrôle du respect du cadre réglementaire environnemental.
- Critères articulés avec la certification Haute Valeur Environnementale – HVE.
- Encadrement de l’utilisation des produits phytosanitaires.
- Exigence évolutive sur les marqueurs transition écologique (utilisation des produits phytosanitaires, fertilisation, stockage des effluents d’élevage, utilisation de l’eau, couverture des sols, entretien des espaces de biodiversité, alimentation animale, bientraitance animale…).












