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Sunday 1 February 2026

Reunimer Group THE WIND IN THE RIGHTS

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« De l’océan à l’assiette », autrement dit de la pêche à la commercialisation en passant par la transformation, le Groupe Reunimer est organisé en filière. Enez Pêche, Réunipêche, Reunimer Distribution (nouvelle entité rassemblant Le Martin Pêcheur, SDPM et Réunion pélagique ), The Creole Fisherman, ainsi que Réunion Pêche Australe (pour la légine) et Pêcheries du Sud à Madagascar (pour l’algoculture et les produits de la mer) en sont les principaux maillons.Au cours de ses 30 années d’existence, le groupe s’est constitué, certes par étapes successives, mais porté par une croissance continue qui reste d’actualité. A little over a year ago, Reunimer a entamé le franchissement d’un nouveau seuil, d’abord en restructurant son capital –  Reunimer s’appuie désormais sur un actionnaire principal, le fonds d’investissement Hivest Capital Partners – puis en procédant à une première acquisition d’entreprises hors de l’océan Indien. Le Groupe Reunimer prend pied sur la première plateforme halieutique européenne, Boulogne-sur-Mer, en intégrant les sociétés Pêcheries des Hauts-de-France, entreprise de mareyage à l’import et à l’export, Norsea, entreprise de commerce de gros de poissons frais, et Stargel Seafood, entreprise de surgelés de produits de la mer. Leurs dirigeants sont de nouveaux associés de Reunimer Holding. De quoi lui ouvrir de nouveaux horizons. Et changeant d’échelle, le groupe change d’image. Alors qu’il fête cette année ses 30 ans, il renouvelle son identité visuelle, affichant ses racines réunionnaises et malgaches et son rôle fédérateur. Où va Reunimer ? Reliant passé, présent et avenir, le président du groupe, Sébastien Camus, met en évidence la constance des valeurs et de la stratégie de développement poursuivie depuis ses débuts.

Left, the Atlas Cove, navire spécialisé dans la pêche à la légine, est en service en 2022. To the right, Cap Sud et Vetyver 6, deux des quinze bateaux de pêche aux pélagiques de 13 à 25 m de la flotte de Reunimer
Stéphane Revel et Yannick Gomel, dirigeants de la société Pêcheries des Hauts-de-France, basée à Boulogne-sur-Mer, et nouveaux associés de Reunimer.

Meeting Leader : Le Groupe Reunimer étant né officiellement en 2012, pourquoi mettre en avant l’année 1996 dans le rappel de ses origines ?

Sébastien Camus : 2012 est l’année de la création juridique du groupe. 1996 marque le lancement de notre toute première activité de pêche et de transformation, à l’origine d’une de nos filiales. L’histoire du groupe prend racine dans l’activité de ces filiales. Reunimer est donc bien le fruit de près de 30 ans d’un savoir-faire qui a été structuré afin de créer de la valeur, de gagner en impact, en traçabilité et en durabilité, au sein d’un modèle intégré, de l’océan à l’assiette. Notre ADN repose sur la maîtrise de cette chaîne de valeur à tous les maillons.

Comment allez-vous marquer ce trentième anniversaire ?

Il y aura des temps forts internes avec nos équipes à La Réunion, à Madagascar et en France métropolitaine, et des prises de parole engagées à destination de notre clientèle et de nos partenaires. Nous leur confirmerons notre stratégie de croissance et le travail de structuration que nous menons afin d’améliorer notre excellence opérationnelle et la satisfaction de nos clients. Ce message sera soutenu par une nouvelle identité de marque plus en phase avec ce que représente aujourd’hui le groupe : une identité fédératrice, reliant l’ensemble de nos activités, de la pêche à l’algoculture. À travers ces 30 ans, nous ferons mieux connaître à tous nos valeurs et la diversité de nos activités.

Liez-vous cet anniversaire au changement de dimension du Groupe consécutif à son développement en métropole ?

Le groupe croît d’environ 10 % par an. Il n’y a donc pas « d’effet anniversaire » à proprement parler : nous sommes dans la continuité de notre stratégie. Il est vrai que l’arrivée du fonds d’investissement Hivest Capital Partners a enclenché une accélération dans un domaine que nous pratiquions déjà mais à moindre échelle : la croissance externe. That said, 30 ans d’existence restent pour une entreprise une étape importante pour témoigner de sa solidité et de la constance de son engagement.

Avec un effectif dépassant le millier de collaborateurs et un chiffre d’affaires supérieur désormais à 100 millions d’euros, faut-il parler d’une transformation du Groupe Reunimer à la suite de l’arrivée du fonds Hivest Capital Partners ?

Ces chiffres englobent l’ensemble des activités de Reunimer à La Réunion, à Madagascar et en métropole. Le Groupe Reunimer, tel qu’il est connu à La Réunion, compte 269 ETP *. Nos activités à Madagascar, démarrées il y a près de 30 ans également, représentent aujourd’hui près de 700 collaborateurs. La croissance des effectifs et des chiffres s’explique principalement par la restructuration du groupe et le choix d’intégrer l’ensemble des sociétés sous la bannière Reunimer. Hivest n’a donc pas transformé Réunimer, il a accéléré une trajectoire déjà engagée. En termes d’activités, le grand élan vient de l’entrée dans la pêche à la légine en 2022-2023. Suivi des deux opérations de croissance externe qu’ont été l’acquisition des navires de l’armement Minatchy et notre implantation à Boulogne-sur-Mer.

Découpe et préparation de poissons frais débarqués du matin (thons, espadons, etc.) à l’atelier de première transformation de Reunimer. Des produits destinés au marché local (GMS et CHR) and, for some of them, à l’export.

Comment se compose aujourd’hui l’actionnariat du groupe ?

Il repose sur les fondateurs historiques, dont Olivier Meraud, directeur général de Reunimer, et moi-même en tant que président. Certains associés historiques ont cédé leurs parts, d’autres ont réinvesti dans l’entreprise. Le management y fait son entrée avec l’ouverture du capital aux cadres dirigeants. Le fonds d’investissement Hivest Capital Partners est notre actionnaire principal.

Aviez-vous des liens avec ces trois acteurs boulonnais de la pêche avant de les acquérir ?

Non, nous n’avions pas de lien capitalistique ni commercial avec ces entreprises. C’est dans le cadre de nos recherches de croissance externe que, par intermédiaire d’une banque d’affaires, nous avons été mis en relation avec elles. Une façon partagée de voir le métier a tout de suite fonctionné entre nous. Nous avons compris que nous pouvions avancer ensemble sur la base d’un deal clair : Reunimer achète les entreprises, mais leurs cadres dirigeants restent à bord et réinvestissent à nos côtés pour continuer l’aventure. Nouer ce type de lien fait partie de notre stratégie d’investissement. L’envie commune d’agir a emporté tout le reste. Les synergies viendront par la suite.

L’objectif du groupe est-il à présent de grossir toujours plus ?

Grossir toujours plus n’a en soi aucun sens. La croissance doit correspondre à une stratégie et à un ADN de l’entreprise. L’objectif premier de Reunimer, dans son développement, est de maîtriser toujours plus la chaîne de valeur par une intégration cohérente, par l’excellence opérationnelle et par la maîtrise de l’impact environnemental. Nous avons commencé en tant que producteurs, puis notre histoire a fait de nous des transformateurs, importers, des distributeurs, logisticians, etc. NOW, de nouvelles acquisitions sont-elles possibles ? Of course, nous ne nous interdisons rien. Mais si nous cherchons de nouvelles entreprises pour grossir, ce sera parce qu’elles s’inscriront dans la stratégie que je viens de décrire.

Cette stratégie n’implique-t-elle pas de produire toujours plus et donc d’effectuer toujours davantage de prises ?

Notre but n’est pas de pêcher deux kilos de poissons au lieu d’un, mais de vendre ce kilo mieux et de plus en plus loin. Nous refusons toute logique de surpêche ou de volume non maîtrisé. In all cases, la pêche dans l’océan Indien s’effectue dans l’environnement réglementaire français et européen, elle obéit à des quotas qui limitent les captures. La durabilité est pour nous un plafond stratégique, pas une variable d’ajustement.

Outre le développement externe, êtes-vous satisfait de l’activité du groupe en cette année 2025 au climat économique plutôt morose ?

2025 a été pour nous une année de résilience intelligente. La pluralité de nos activités nous a permis de nous stabiliser. Nous faisons face, However, à des complexités liées au contexte politique international, à l’export vers les marchés américain et chinois, à la volatilité du dollar et aux frais de douane. La problématique du pouvoir d’achat, qui dure depuis deux ans, continue de peser à La Réunion, même si les fêtes de fin d’année ont montré l’envie de se faire plaisir des Réunionnais. Malgré ce contexte compliqué, nous avons obtenu de bonnes performances et nous abordons l’année 2026 avec prudence mais confiance.

Issus de l’atelier de deuxième transformation, les produits de la marque Le Pêcheur font découvrir et facilitent l’accès des Réunionnais aux produits de la mer. Ils proposent diverses façons de consommer le poisson au quotidien

Comment se portent les marchés du poisson et des produits de la mer, in the meeting, dans l’Hexagone et à l’export ? Y a-t-il des tendances qui le caractérisent ?

En France métropolitaine, on observe une progression continue des produits en libre-service, ainsi que des produits traiteurs, notamment sur les segments festifs, comme l’apéritif. Le libre-service dépasse même à présent largement les rayons traditionnels de poissonnerie. In the meeting, cette tendance est moins marquée. Les poissonneries traditionnelles restent très présentes, et c’est une bonne chose. Il est important de préserver ces métiers artisanaux que sont les bouchers, les boulangers et les poissonniers. Ils participent à la transmission des savoir-faire et au lien de proximité et de confiance avec le consommateur. Certaines tendances sont néanmoins communes à tous les marchés : la recherche de traçabilité, la montée en puissance des produits pratiques et la sensibilité au prix. Le poisson bénéficie d’une image positive liée à la santé, mais il reste très dépendant du pouvoir d’achat. Nos marchés sont finalement très équilibrés entre la GMS, le CHR et l’offre complémentaire de nos petites boutiques Le Pêcheur Créole, où nos clients ont accès à l’intégralité de notre offre.

Pélagiques fumés à la vanille Bourbon, skin pack, thon à l’huile d’olive en bocaux de verre, rillettes de poissons, caviar de Bourbon… On l’a vu encore pour les dernières fêtes : Le Pêcheur Créole réalise un important travail de marketing pour faire connaître aux consommateurs réunionnais des manières différentes de consommer poisson et produits de la mer. Comment ces nouveautés sont-elles reçues ?

Nos innovations partent d’un constat : le consommateur veut bien manger, se faire plaisir, mais il manque souvent de temps, de repères ou de confiance face au poisson. Notre travail consiste à lever ces freins à la consommation en proposant des produits lisibles, practices, accessible, sans transformation excessive du poisson. Nos nouveautés sont plutôt bien accueillies, en particulier les formats pratiques et les recettes identitaires, ancrées dans le territoire.

Quels sont vos liens avec la grande distribution et quelle place occupe-t-elle dans votre clientèle ?

In the meeting, plus de 70 % des achats alimentaires sont réalisés en grande et moyenne surface. Il est donc indispensable d’y être présent. Avec environ 20 % de notre chiffre d’affaires, la grande distribution est pour nous un canal structurant, mais équilibré par rapport à nos autres marchés. Notre relation avec la grande distribution repose avant tout sur un partenariat solide, fondé sur la régularité des approvisionnements, la qualité sanitaire et organoleptique de nos produits, la traçabilité et l’adaptation de notre offre aux usages de consommation. La diversité de notre offre, entre produits frais, congelés et traiteurs, nous permet de répondre à des profils de consommateurs très différents : du client recherchant un poisson entier au meilleur prix à celui qui privilégie la praticité, la sécurité alimentaire et le gain de temps, sans compromis sur la qualité. In parallel, nous avons développé des relations commerciales solides en France métropolitaine, où certains clients de la distribution apprécient particulièrement la constance de qualité et la praticité de notre offre, notamment sur les produits découpés, emballés et élaborés. Pour Reunimer, la grande distribution n’est donc pas seulement un canal de vente, c’est un levier de démocratisation du poisson.

Deux boutiques Le Pêcheur Créole distribuent l’intégralité de la gamme de la marque (here, au port Ouest). Le deuxième point de vente est situé au pôle commercial de Duparc, à Sainte-Mar

Quel est le rôle, dans l’activité du Groupe Reunimer, de Pêcheries du Sud, qui produit à Madagascar poulpes, calmars, crustacés, mais aussi algues et concombres de mer ?

In Madagascar, la société Pêcheries du Sud, filiale de Reunimer, a noué de longue date des partenariats avec des centaines de pêcheurs
traditional, dont elle assure quotidiennement la collecte des prises (poulpes, calmars, crustacés, poissons exotiques…), qui sont préparées pour l’export dans quatre usines de première transformation

Nous avons cédé notre activité liée aux holothuries il y a deux ans. Pêcheries du Sud permet au Groupe Reunimer de développer une approche multi-ressources raisonnée valorisant des espèces complémentaires : poulpes, calmars, lobsters, crabes de mangrove, poissons exotiques (mérou, vivaneau, bourgeois…) et algues via le développement de l’algoculture. Nous sommes les premiers producteurs d’algues à Madagascar. Les algues séchées sont exportées en France pour une utilisation dans l’industrie agroalimentaire et en cosmétique. Mais le rôle de Pêcheries du Sud dépasse la seule dimension des produits. In Madagascar, nous comptons quatre usines de première transformation et près de 700 collaborateurs, hors activité algues. Nous ne pêchons pas directement, nous collectons les produits de pêcheurs traditionnels, qui sont nos partenaires, ainsi que de l’algoculture villageoise. Cette activité de collecte fait partie de notre histoire. Avec cette organisation, nous créons de l’emploi durable dans des zones côtières souvent isolées, nous structurons des filières locales, nous transmettons des savoir-faire techniques. Les pêcheurs sont formés aux bonnes pratiques de durabilité et et à la préservation des équilibres biologiques, dont dépend la pérénité de leur activité. Notre ambition est de créer de la valeur sur le territoire malgache. Pêcheries du Sud contribue à l’autonomie économique de nombreuses communautés, notamment féminines.

L’algoculture villageoise est principalement pratiquée par les femmes. Les algues séchées sont collectées pour être exportées en France. Pêcheries du Sud est le premier producteur d’algues de Madagascar.

Comptez-vous développer vos capacités industrielles de première et deuxième transformations et élargir votre offre de produits ?

Nous n’avons pas prévu de développement de capacités supplémentaires en première transformation, conformément à notre choix de ne pas augmenter les volumes de pêche. Mais nous allons moderniser nos outils afin de gagner en qualité et en productivité et de réduire notre consommation énergétique, tout en améliorant les conditions de travail de nos salariés par l’utilisation d’exosquelettes et en mécanisant là où c’est possible. On the other hand, nous prévoyons un développement ciblé de la deuxième transformation : les travaux d’agrandissement de notre atelier ont commencé fin 2025 pour une livraison à la mi -2026. Toujours avec le même prisme : sobriété énergétique, rendement matière et adéquation avec les attentes des marchés. Quant à la création de nouveaux produits, elle se fera de façon raisonnée. In 2025, nous avons resserré notre gamme sur les produits rencontrant le plus de succès. L’objectif est de gagner en productivité sur ces produits pour maintenir l’offre de prix la plus raisonnable possible. Nous poursuivons aussi le travail sur la visibilité et la cohérence de notre offre.

Que représente l’exportation dans votre activité ?

L’export est stratégique tout en restant équilibré avec les marchés locaux, qui demeurent prioritaires. Reunimer est aujourd’hui l’unique exportateur de poissons frais à La Réunion. L’export joue un rôle de stabilisateur du marché local. Il sécurise les volumes, valorise les espèces et donne une visibilité internationale. Il est bien entendu fondamental pour la légine, dont 95 % des volumes sont exportés. Mais je rappelle que la légine est pour nous une activité récente. Cela fait plus de 20 ans que nous exportons du poisson pélagique !

Reunimer change d’identité visuelle

Un nom « REUNIMER » plus lisible, un logo épuré : « Cette nouvelle signature gagne en clarté et en impact, explique Julie Cauzo, directrice marketing et communication du Groupe Reunimer. Sa typographie affirme la solidité et la durabilité du groupe tout en conservant une souplesse synonyme d’agilité. Le cercle du pictogramme symbolise l’unité de REUNIMER et relie ses deux racines historiques, La Réunion et Madagascar, à travers les formes du poisson et l’évocation de la mer et des algues, au cœur de l’ensemble de ses activités. Ce nouveau logo traduit une ambition claire : un groupe ancré, cohérent, engagé, tourné vers l’avenir, fidèle à ses valeurs et pleinement conscient de sa responsabilité environnementale dans l’océan Indien. »

Au regard de son prix, la légine a l’image d’un filon d’or de la grande pêche. Pêchait-on déjà ce poisson il y a 30 ans, et d’où vient le renom qu’il a acquis ?

La légine est un produit d’exception, pas un eldorado. La pêche à la légine dans les eaux des Terres australes et antarctiques françaises a débuté au milieu des années 1980, avec les premières campagnes d’armements réunionnais autour des archipels de Kerguelen et de Crozet. Originally, ce n’était qu’une pêche accessoire du poisson des glaces, pêché notamment par les flottes russes. Une pêche au chalut à l’époque. La légine est devenue une espèce ciblée au début des années 1990, lorsqu’on s’est rendu compte qu’elle ressemblait beaucoup à la morue charbonnière, espèce très prisée par les Japonais, pêchée dans l’Atlantique Nord. La morue charbonnière ayant été décimée, la légine l’a remplacée. Puis les Chinois l’ont découverte, la demande a explosé et, with her, the costs. Later, la certification en pêche durable a permis d’ouvrir le marché américain, devenu aujourd’hui, him too, extrêmement important pour ce poisson. Face à cet engouement, la pêcherie de la légine s’est structurée progressivement pour devenir l’une des plus encadrées et responsables au monde. Notre certification MSC (Master Stewardship Council) confirme ce niveau d’exigence. Nous sommes aujourd’hui le seul armateur à accompagner les TAAF sur les marées POKER, destinées à l’évaluation scientifique de la biomasse dans ces zones protégées.

La gestion durable des stocks de poissons, afin de préserver la ressource sur le long terme, est une priorité de la politique RSE de Reunimer. Le groupe possède quatre certifications de pêche durable, dont deux concernent la légine.

In 2024, Reunimer a obtenu la certification ASSURE pour la maîtrise de sa consommation d’électicité. Les économies d’énergie ont-elles un impact financier ?

Nous avons obtenu la certification ISO 50001 (energy management) en décembre 2025, à la suite de la certification ASSURE niveau 3 obtenue en octobre 2024. L’enjeu des économies d’énergie est financier et environnemental. Lorsque la RSE rejoint l’économie financière, la démarche prend tout son sens. Les économies énergétiques, et la RSE dans sa globalité, font partie de nos priorités. Outre la mise en place d’un système de management de l’énergie à La Réunion, je citerai l’installation de panneaux solaires sur toutes nos usines à Madagascar.

Reunimer a obtenu la certification ISO 50001 (energy management) en décembre 2025. Première étape de sa démarche d’économie d’électricité, le groupe avait reçu en octobre 2024 (our photo) la certification locale ASSURE niveau 3 (le plus élevé), délivrée par l’Adir, pour sa gestion de l’énergie.

Êtes-vous engagés dans une stratégie globale de décarbonation ?

En 2024 et 2025, nous avons réalisé des diagnostics Bilan Carbone à Madagascar et à La Réunion, afin de déployer des plans d’actions adaptés. Au-delà de la décarbonation, nous sommes évalués depuis deux ans par EcoVadis, qui mesure notre progression en matière de RSE. Avec l’évolution du groupe, nous avons intégré la directive européenne CSRD, qui impose le reporting de durabilité. Ce dispositif réglementaire a beaucoup évolué ces derniers mois, l’obligation devenant plus une incitation. Nous faisons le choix de rester dans cette démarche avec le même haut niveau d’exigence. Nous disposons aussi d’un rapport de double matérialité évaluant, on the one hand, notre impact environnemental et, the other, les risques liés au changement climatique pour notre activité. Comment faire durer nos activités en ayant le moins d’impact possible sur l’environnement ? Nous exploitons des ressources naturelles. Nous sommes au cœur des enjeux de durabilité, les évolutions environnementales sont extrêmement importantes pour nous.

Les entreprises de pêche de Reunimer visent l’exemplarité environnementale. Pouvez-vous rappeler les grands axes de votre politique RSE en matière de pêche ?

Notre politique RSE repose sur trois piliers fondamentaux. La gestion durable des stocks, afin de préserver la ressource sur le long terme. La certification et la reconnaissance des bonnes pratiques : certification MSC pour notre pêcherie d’espadon en 2016, écolabel pêche durable sur la légine en 2022, certification MSC pour la légine en 2025, écolabel pêche durable pour le grenadier en 2025. La sécurité et les conditions de travail des marins sont aussi une priorité absolue dans nos activités de pêche.

La construction du lycée des métiers de la mer vient de commencer au Port. Trouvez-vous à La Réunion les compétences dont vous avez besoin ?

Le recrutement reste une difficulté. Nos métiers sont exigeants, aussi bien en mer qu’en usine. Mais nous intégrons une pluralité d’activités ouvrant de nombreux débouchés : sailors, mécaniciens, electricians, frigoristes, logisticiens, opérateurs en usine, chauffeurs de poids lourds, l’ensemble des fonctions administratives. Nous avons clairement l’ambition de renforcer notre marque employeur afin de mieux valoriser ces métiers et les parcours professionnels qu’ils offrent. Le lycée des métiers de la mer est une excellente nouvelle et nous travaillons en collaboration avec cet établissement. Nous avons aussi des échanges avec le centre de formation des produits de la mer de Boulogne-sur-Mer. Un des responsables de formation de ce centre nous a visités plusieurs fois. Il connaît bien notre entreprise.

Avec le développement du groupe, les perspectives d’emploi proposées aux jeunes Réunionnais vont-elles être élargies à la métropole ?

Yes, et également à Madagascar. Le développement actuel du groupe ouvre de nouvelles opportunités de mobilité géographique, des parcours professionnels évolutifs, avec des carrières élargies à l’échelle du groupe.
* ETP : full-time equivalent.

Sébastien Camus, capitaine de Reunimer

Pour Sébastien Camus, l’aventure commence en 1999 par un stage à Madagascar, « en charge de la qualité et de la mise en place de la collecte auprès des pêcheurs malgaches. Je passais ma vie en brousse. » En 2002, Sébastien Camus, de retour à La Réunion, devient co-gérant de Réunion Pélagique, atelier de traitement de poisson. « À l’époque, mon bureau était à la maison. Nous passions tous nos soirées et nos week-ends à remplir les cartons de poissons frais dans des camions pour assurer les livraisons. » 2012, naissance du Groupe Reunimer : Sébastien Camus en devient président. Quatorze années de croissance plus tard, à 50 ans, il en assure le pilotage à un tout autre niveau de responsabilité. « Mon rôle aujourd’hui est beaucoup plus dans la finance, governance, la vision stratégique. J’organise et j’essaie d’anticiper. Mon travail est un peu celui d’un sélectionneur d’équipe de football. Je dois trouver les bonnes personnes pour que l’équipe tourne au meilleur de sa forme, avec une priorité constante : préparer l’avenir sans jamais trahir l’ADN de Reunimer. »

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