Des distributeurs favorables à « 100 produits sains à prix coûtant »

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À l’occasion d’une proposition de loi, le collectif Inside Track, qui regroupe des dirigeants de la grande distribution, propose leur regard de professionnels sur cette mesure qu’ils jugent à la fois souhaitable et réalisable.

Le but de la proposition de loi présentée à l’Assemblée et au Sénat ? Instaurer en magasin une offre permanente et diversifiée d’aliments favorables à la santé, proposés dans un panier à prix coûtant. Le texte prévoit au moins trois denrées par groupe alimentaire concerné et au moins 80 références sur l’année, avec un nombre total fixé par décret. « 100 produits » désigne la revendication à l’origine de l’initiative portée par Foodwatch, le Secours catholique et Familles rurales. Le dispositif concernerait les magasins de plus de 400 m² appartenant à une enseigne comptant au moins cinq points de vente (y compris les franchisés).

L’équilibre économique des magasins préservé
Elle est considérée comme souhaitable par les cadres dirigeants d’Inside Track parce qu’elle pourrait améliorer l’accès de tous à des aliments sains et nutritifs (cf. Plan national nutrition santé) pour la santé. C’est une mesure d’urgence sociale comme d’urgence sanitaire. Qui plus est, elle est réalisable : les distributeurs disposent des outils pour l’appliquer. Selon les « insiders », les enseignes pilotent déjà leurs marges à l’échelle de l’assortiment : c’est ce qu’on appelle « la péréquation des marges ». Un panier ciblé à prix coûtant peut tout à fait s’intégrer à cette gestion. Par ailleurs, la quantité de « 100 produits » est à rapprocher de l’assortiment total qui est de plusieurs milliers de références pour un magasin de 400 m2, chiffre qui monte pour un hypermarché à plusieurs dizaines de milliers. Cette mesure n’entame donc en rien l’équilibre économique d’un magasin. Les « Insiders » notent même que ce seuil aurait pu être abaissé à 300 m2, pour inclure davantage de magasins de proximité qui, pour beaucoup, se situent légèrement sous les 400 m2.

Le panier doit correspondre aux achats réels
Le texte encadre déjà la diversité et renvoie au décret les critères nutritionnels, environnementaux et qualitatifs ainsi que la proportion minimale de bio. Inside Track demande de préciser ces critères avec les producteurs, fournisseurs, distributeurs, représentants des consommateurs et autorités compétentes. Il faut garantir des produits courants, des formats utiles, et une disponibilité effective. Un assortiment choisi principalement pour limiter le manque à gagner des magasins pourrait offrir un bénéfice réduit aux ménages : c’est un risque de conception à prévenir pour assurer les bénéfices sociaux et sanitaires de la mesure.

Pour une réflexion sur l’ensemble des marges
Afin de compenser ce manque à gagner des magasins, les « insiders » anticipent des augmentations de marge sur d’autres références. Cette mesure est donc une première étape. Pour adresser l’enjeu plus global de la péréquation des marges pénalisant les produits sains, Inside Track demande une transparence accrue sur les marges par catégorie, avec une méthode comparable distinguant marge commerciale, coûts de distribution, et bénéfice. Le dispositif prévoit déjà une protection des fournisseurs contre le transfert de son coût : son contrôle sera déterminant.

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