Il est le stratège à l’origine du succès de l’enseigne suédoise Picadeli en France. Aujourd’hui CEO de Picadeli France et Benelux, David Bicheron pilote le développement d’un concept devenu une référence du snacking sain, avec plus de 400 bars à salades en France et plus de 2 000 en Europe et aux États-Unis. La marque sert plus de 50 millions de salades par an et dépasse les 130 millions d’euros de ventes à l’international.

Né près de Lyon, David Bicheron a grandi dans une famille où le travail occupe une place centrale. Très engagé professionnellement, souvent en déplacement à l’international, son père lui transmet un modèle : la réussite passe par l’investissement personnel. Très tôt, David Bicheron développe aussi une autre compétence : l’adaptation. Entre déménagements et changements d’établissements, il apprend à s’intégrer rapidement, à recréer des repères, à avancer sans s’ancrer dans un cadre unique. Cette capacité deviendra l’un de ses plus grands atouts. À partir du collège, il adopte une approche déjà très structurée de ses choix, observant, anticipant, ajustant. Quitte à sortir de sa zone de confort, il change d’établissement pour maximiser ses chances d’intégrer les meilleurs parcours. Il suit la même logique plus tard : à chaque étape, il privilégie les environnements qui lui donnent le plus de chances de réussir.

Cette logique se retrouve dès ses débuts chez Danone. Conscient des barrières à l’entrée sur les postes marketing, il contourne le système en visant un stage en développement commercial international. Une porte d’entrée plus accessible qui lui permet ensuite de basculer vers le marketing. Un premier exemple de ce qu’il revendique aujourd’hui comme une constante : avancer avec méthode. Après Danone, il passera plus de dix ans chez Coca-Cola. D’abord au marketing, puis sur le terrain, en commercial. Ce passage par l’opérationnel lui donne une compréhension du business à la fois stratégique et concrète. Une double lecture qu’il conserve aujourd’hui. À cela s’ajoute une culture de l’exigence héritée des grands groupes : rigueur, excellence d’exécution, sens du détail.

En 2013, il se lance dans l’entrepreneuriat en rejoignant une entreprise familiale dans l’agroalimentaire, dont un des clients historiques n’est autre que Géant Vert. L’expérience est formatrice mais le modèle économique ne tient pas. David Bicheron pivote alors vers le conseil et l’accompagnement commercial pour maintenir l’activité. C’est dans ce contexte qu’il rencontre Grégoire Baudin, grossiste en fruits et légumes. Une relation de confiance s’installe. Et une idée émerge : lancer en France un concept de bar à salades inspiré de l’enseigne suédoise Picadeli.
Picadeli, une aventure née d’une rencontre
Le projet naît d’une intuition partagée, pas d’un plan figé. Avec Grégoire Baudin, puis Florentin Ducôté, une équipe se construit progressivement. Les profils sont complémentaires. David Bicheron structure le projet. Une société existe déjà avec des ressources et une base opérationnelle : un atout clé pour convaincre la maison mère suédoise. En 2017, Picadeli France est lancé. Les débuts sont fulgurants. En deux ans et demi, l’activité dépasse les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires. Dès la première année pleine, l’entreprise est rentable. Mais cette période intense a un coût. Cumulant les responsabilités, David Bicheron s’épuise : il fait un burn-out fin 2017. Un tournant pour lui. S’ensuit le choix d’arrêter son activité liée à l’entreprise familiale et de se consacrer pleinement à Picadeli.

Le Covid viendra brutalement casser la dynamique. Le marché change, les usages évoluent. Certains paris, comme l’ouverture d’un restaurant à La Défense, ne fonctionnent pas. Mais c’est précisément dans ces phases que son profil prend tout son sens. Formé dans des environnements exigeants, à l’aise avec la contrainte, il s’inscrit dans la durée. Là où d’autres recherchent l’autonomie absolue, il avance dans un cadre structuré. Aujourd’hui, David Bicheron se définit comme un « super généraliste ». Marketing, commerce, logistique, finance, produit : il navigue entre les sujets avec une capacité à relier les enjeux. Une compétence directement héritée de son parcours hybride. Chez Picadeli, il évolue dans un modèle à la croisée de l’alimentaire, du retail et de la technologie. Un terrain qu’il continue d’explorer avec succès au quotidien.














