Depuis 1er septembre, toutes les sociétés assujetties à la TVA, sans exception de taille, devraient être capables de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée par l’État. Ce changement majeur qui concerne près de 10 millions d’acteurs économiques en France survient au pire moment : lorsque les retards de paiement atteignent leur point culminant et fragilisent durablement les trésoreries des petites structures.
Ils étaient nombreux, les dirigeants de TPE, à penser avoir jusqu’en 2027 pour agir ! C’est vrai pour l’émission de factures mais depuis le 1er septembre, toute entreprise doit être en mesure d’en recevoir. À cette date, les grandes entreprises ainsi que les ETI, les fournisseurs d’énergie ou les opérateurs téléphoniques n’utiliseront plus que la voie électronique pour envoyer leurs factures. Une TPE non raccordée à une plateforme agréée ne pourra tout simplement plus les recevoir : il n’y aura donc plus de facture d’électricité, plus de facture de téléphone et à terme, il y aura des lignes coupées faute de paiement. La réforme impose des formats structurés (Factur-X, UBL, CII), une transmission obligatoire via une plateforme agréée par l’État et avant tout cela, un travail préalable sur ses flux : cartographier ses factures émises et reçues, s’assurer que son logiciel comptable est compatible, et choisir sa plateforme en connaissance de cause. Or, selon une étude récente auprès de dirigeants de TPE*, 82 % n’étaient pas encore équipés à l’approche de l’échéance. Et 37 % admettaient ne pas comprendre ce que la réforme impliquait concrètement pour leur activité.
Briser le cycle des retards
Cette échéance tombe dans un contexte économique sous tension : selon l’étude OpinionWay pour GoCardless**, 65 % des chefs d’entreprise anticipent une aggravation des retards de paiement en 2026. C’est là que la réforme peut changer la donne. En imposant un canal normalisé pour toutes les factures, la facturation électronique permet en une seule opération d’envoyer une facture, d’alimenter sa comptabilité et de transmettre les données à l’Administration fiscale. Les saisies manuelles, les erreurs, les factures perdues disparaissent… et avec elles, les retards de paiement puisque les factures sont transmises et traitées en temps réel. C’est aussi un accélérateur de performance opérationnelle : on estime que les TPE et PME européennes pourraient économiser jusqu’à 13 500 € par an en digitalisant leurs processus de facturation***. En associant directement chaque paiement à une facture émise, la facturation électronique réduit les rapprochements comptables manuels et améliore la visibilité sur les encaissements et les flux futurs. De nombreux outils s’intègrent désormais avec des systèmes de paiement pour automatiser l’ensemble du cycle de facturation et de recouvrement, garantissant un encaissement fluide et conforme aux nouvelles obligations.
De la facture à l’encaissement

* Étude OpinionWay pour Qonto (mars 2026, 303 dirigeants de TPE)
** Étude OpinionWay pour GoCardless réalisée auprès de 440 entreprises privées françaises de 10 salariés ou plus, interrogées en ligne entre le 24 novembre et le 8 décembre 2025.
*** Selon une étude Sage, juin 2024.











