Les ressources minières profitent peu au pays
En dépassant le Mozambique, Madagascar est désormais le premier producteur africain de graphite naturel. En 2024, la Grande Île a produit 85 000 tonnes de ce minerai et 80 000 tonnes en 2025, contre 39 000 tonnes et 60 000 tonnes pour le Mozambique, selon l’United States Geological Survey. Le graphite issu du site de Molo, exploité par le groupe canadien NextSource Materials depuis 2023 dans le sud malgache, va notamment alimenter une usine d’anode pour batteries qui sera construite par le même groupe à Abu Dhabi. Le média africain spécialisé Agence Ecofin soulignait récemment « la place encore limitée de Madagascar dans les autres maillons de la chaîne de valeur des minéraux critiques, dont le pays est pourtant un fournisseur majeur à l’échelle mondiale ».
Sumimoto quitte la Grande Île
La raffinerie de nickel et de cobalt de Tamatave, qui traite le minerai extrait du site d’Ambatovy à 200 km de là, figure parmi les rares exemples de valorisation locale des ressources du sous-sol malgache. L’activité rencontre néanmoins des difficultés, notamment depuis février dernier et le passage destructeur du cyclone Gezani sur la région. Le 1er mai, le conglomérat japonais Sumimoto a annoncé son retrait du projet qu’il avait contribué à lancer et dont il était l’actionnaire majoritaire (54 %), aux côtés du coréen Komir. Pour se désengager, Sumimoto a même accepté de verser l’équivalent de 360 millions d’euros au repreneur, un consortium d’investisseurs officiellement basé à Jersey. Une décision immédiatement interprétée comme une perte de confiance envers l’État malgache et sa capacité à faire prospérer le secteur minier.
Détournements de fonds : un rapport accablant
Selon un rapport de la Cour des comptes malgache publié en mars, l’équivalent de plus de 800 millions d’euros aurait été détourné par le régime au pouvoir à Madagascar entre 2020 et 2025. C’est une véritable mise en coupe réglée de l’État par l’ancien président Andry Rajoelina et son entourage, dont le puissant homme d’affaires Mamy Ravatomanga, que décrit le rapport : compte occulte alimenté par les budgets ministériels non utilisés, disparition de centaines de véhicules achetés par des ministères, violation des règles de la commande publique… L’Inspection générale de l’État a été saisie par « le président de la Refondation », l’officier putschiste Michaël Randrianirina, pour enquêter sur ces accusations. On attend prochainement ses conclusions.
Le calendrier électoral annoncé pour 2027
Référendum constitutionnel en juin 2027, élection présidentielle en octobre suivant : tel est le calendrier électoral annoncé début mai par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) malgache. La période de transition ouverte en octobre 2025 par le putsch qui a renversé le président Rajoalina devrait alors se terminer dans l’ordre constitutionnel souhaité par la communauté internationale. Mi-avril, le président de la Ceni s’était rendu à Moscou et avait accepté l’offre d’aide de la Russie pour l’organisation des scrutins de 2027.
Nouveau quai au port de Tamatave
Le 21 mars dernier, une portion de 333 mètres du quai du port de Tamatave a été inaugurée. Il pourra accueillir des bateaux de grandes dimensions (jusqu’à 16 m de tirant d’eau). Le projet d’extension, avancé à 70 %, est financé par l’agence japonaise de coopération internationale. Les travaux à venir consisteront à augmenter la profondeur devant les trois quais existants, et à prolonger le quatrième jusqu’à 470 mètres.











