Le pouvoir d’achat au cœur des préoccupations

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Spécialiste des enquêtes de marché et d’opinions, Appinio dévoile les résultats de la sixième édition de son Baromètre annuel sur le pouvoir d’achat, réalisé en partenariat avec le magazine LSA. Après 5 ans de suivi et 6 vagues dʼenquêtes, l’étude montre que bien plus qu’un choc temporaire, la dégradation est bel et bien une contrainte durablement intégrée par les ménages.

En cette rentrée 2026, 56 % des Français se disent plutôt pessimistes. Après une relative accalmie en 2025, la perception financière des ménages se dégrade de nouveau : 61 % jugent aujourd’hui leur pouvoir d’achat « très mauvais » ou « plutôt mauvais » (+4 points par rapport à lʼannée dernière), et 84 % se déclarent inquiets (+3 points). 95 % déplorent un coût de la vie qui ne cesse d’augmenter, tandis que 85 % éprouvent des difficultés croissantes à épargner. Conséquence : 75 % des Français indiquent avoir reporté une dépense importante cette année, qu’il s’agisse de voyages (55 %), de travaux de rénovation ou d’aménagement (40 %), d’achat dʼéquipements électroniques (37 %) ou électroménagers (35 %), ou encore d’un véhicule (31 %). Près des deux tiers (62 %) ont remarqué une augmentation de leurs dépenses quotidiennes. Parmi les postes ayant le plus augmenté, nos compatriotes citent évidemment le carburant (87 %, soit +27 points) et lʼénergie (78 %), mais cʼest toujours dans lʼalimentaire que la hausse des dépenses se fait le plus sentir (94 %). Bien quʼelle concerne toutes les catégories de produits, celle-ci est particulièrement nette sur les produits carnés (94 %), les fruits et légumes (91 %), ainsi que sur les produits laitiers (90 %).

Des arbitrages devenus mode de consommation
Ainsi, pour tenir leur budget, les Français adoptent de nouveaux réflexes de consommation. La quête du meilleur prix domine : alternatives moins chères (94 %), marques distributeurs (85 %), fréquentation accrue des magasins de hard discount (79 %). Ils se disent également prêts à des restrictions – notamment sur la quantité de produits quʼils achètent (77 %) – ou à limiter lʼachat de certains produits (83 %) et à faire des compromis, comme privilégier des produits bientôt périmés en promotion (77 %), voire à faire lʼimpasse sur la qualité de certains produits (61 %). Si les chiffres restent comparables à ceux observés en 2025, cette accoutumance s’accompagne d’une réelle inquiétude : 68 % s’avouent préoccupés par leur situation financière pour la fin d’année, et 48 % anticipent même une baisse de leur pouvoir d’achat au quatrième trimestre.

Les loisirs parmi les plus touchés
Cette appréhension vient sans surprise impacter en priorité les dépenses « plaisir », premières variables d’ajustement. Les loisirs sont notamment concernés, avec des intentions de réduction en forte hausse par rapport à l’an dernier. Ainsi, dans les prochains mois, les Français envisagent de diminuer leurs sorties au restaurant (56 %, +14 points) ou au cinéma/concert (51 %, +12 points), leurs vacances/voyages (51 %, +15 points), leurs dépenses de soins/bien-être (45 %, +9 points) et leurs activités sportives (40 %, +2 points), mais aussi leurs achats d’habillement (44 %, +17 points) et d’électronique (47 %, +10 points).

Un enjeu électoral majeur
Dans ce contexte, le pouvoir dʼachat sʼimpose comme le sujet déterminant de l’élection présidentielle : cité à 60 %, il arrive en tête des enjeux qui compteront dans leur vote. Plus encore : 82 % estiment quʼil aura une importance très forte, si ce nʼest déterminante, au moment de se prononcer. Néanmoins, cette priorité s’accompagne d’un scepticisme de fond et dʼune défiance affichée envers la classe politique : en effet, 67 % des Français estiment que les responsables politiques ne comprennent pas les difficultés financières auxquelles ils sont confrontés. Et 58 % ne pensent pas que le prochain président et son gouvernement permettront une amélioration réelle de la situation économique des ménages.

Étude conduite en France du 26 au 29 août 2026 auprès de 1 000 répondants âgés de 18 à 65 ans. Représentativité nationale assurée par application des quotas (âge, genre, CSP, région et taille dʼagglomération).

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