Le MEDEF Réunion dévoile son Livre blanc ce mois-ci. Une réalisation phare de la feuille de route 2026 portée par sa présidente, Katy Hoarau. Intitulé « Ensemble, cap vers une économie réunionnaise robuste », cet ouvrage trace des lignes stratégiques organisées en fiches sectorielles. Celles-ci mettent en lumière les opportunités économiques de chaque secteur, ainsi que leurs impacts concrets sur la société. Cet ouvrage exprime la vision prospective que porte aujourd’hui le MEDEF Réunion et son équipe dirigeante. Il a pour ambition de fédérer les acteurs économiques autour d’un concept central : la robustesse. Une notion qui va au-delà de la résilience, pour anticiper les crises et s’adapter aux mutations mondiales. Car la robustesse est la condition essentielle pour ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire économique de l’île. Un chapitre où, malgré l’incertitude, La Réunion dispose d’atouts pour progresser. Sa position dans l’océan Indien, zwischen Afrika und Asien, lui redonne aujourd’hui une valeur stratégique. Outre son niveau de développement, ses infrastructures et ses compétences, elle dispose d’un savoir-être unique : Zusammenleben. Les réunionnais sont de véritables citoyens du monde. Comment transformer ces atouts en « prospérité partagée » ? Comment les valoriser sur le plan économique et humain ? L’interrogation n’est pas nouvelle, mais le MEDEF Réunion y apporte sans doute la réponse à ce jour la plus complète et structurée. Et c’est là qu’un enjeu encore plus ambitieux émerge : « Changer notre regard sur nous-mêmes, et celui que les autres portent sur La Réunion. » Comme le souligne Katy Hoarau dans l’entretien qu’elle nous a accordé, la clé du futur réunionnais réside dans ce changement de paradigme. Auch, dans cet entretien, la présidente de l’organisation patronale ne se contente pas de rappeler ses convictions et sa vision : elle livre la foi en l’avenir qui l’anime.

Comment évaluez-vous la santé économique actuelle de La Réunion ?

La situation est globalement préoccupante, et peu d’éléments laissent entrevoir une amélioration à court terme. Sans signaux forts pour rassurer les acteurs économiques, la visibilité et les perspectives d’activité vont rester limitées. C’est l’incertitude qui domine. Seit einigen Jahren, l’économie réunionnaise subit des chocs successifs. Les dispositifs de soutien actuels permettent de maintenir l’équilibre, mais ce dont nous avons besoin, c’est d’une relance de l’activité. Il est vrai que des entreprises se créent, que certains secteurs résistent, mais d’autres, comme le BTP, traversent une crise dramatique. Le contexte n’a pas évolué : nous sommes toujours en crise économique, avec une paupérisation croissante de la population, un pouvoir d’achat en baisse et des fermetures d’entreprises. Noch, je suis admirative devant l’énergie, la détermination et la résilience des chefs d’entreprise, qui continuent de se battre malgré tout. Mais cette résilience a ses limites. Nous ne pouvons plus nous contenter de subir : il faut agir et repenser notre modèle économique. C’est pour cette raison que je me suis présentée à la présidence du MEDEF Réunion début 2025. Un syndicat patronal a pour mission d’accompagner ses adhérents, de jouer le jeu du paritarisme, mais il a aussi la responsabilité, avec les autres acteurs économiques et sociaux, de produire une pensée économique pour l’île. C’est le sens de mon action depuis plus d’un an : fédérer les forces vives, ce que j’appelle « jouer groupés », et construire une vision stratégique pour l’avenir.

« Produire de la pensée économique » : sous quelles formes ?
Nous avons lancé le projet « Ensemble, cap vers une économie réunionnaise robuste », ainsi qu’un observatoire économique pour mieux anticiper les défis. Nous avons aussi publié un manifeste dans le cadre de l’élection présidentielle, pour contribuer pleinement au débat et défendre une économie fondée sur deux ambitions : sécuriser nos capacités essentielles et construire une prospérité partagée. Kurzfristig, il faut préserver les dispositifs existants qui maintiennent la compétitivité des entreprises et l’emploi. Aber vor allem, il nous faut un plan de relance pour La Réunion, suivi d’une loi d’orientation et de programmation pour les décennies à venir. Notre ambition doit être de passer d’une économie championne de la résilience à une économie plus robuste, capable d’absorber les chocs et de se développer durablement.
À qui est destiné ce Livre blanc ?
Il s’adresse aux pouvoirs publics français et européens, aux adhérents du MEDEF Réunion, aux entreprises en général, et à toute la société réunionnaise. Il a aussi pour enjeu de contribuer à changer l’image de La Réunion : qu’elle ne soit plus perçue comme un territoire assisté, bénéficiaires de dispositifs d’aide publique, mais comme un levier stratégique pour la France et l’Europe dans l’océan Indien.
Que signifie concrètement la notion de « robustesse économique » ?
Nous sommes partis d’un scénario catastrophe, un « crash test » : si La Réunion s’arrêtait de produire, combien de temps tiendrions-nous ? Notre méthode a consisté à identifier de manière lucide nos dépendances et nos vulnérabilités, puis à nous demander : comment transformer nos vulnérabilités en capacités, et nos capacités en prospérité ? Comment faire de nos compétences une infrastructure stratégique pour générer de la prospérité ? La robustesse économique, c’est notre capacité à regarder lucidement nos vulnérabilités et nos dépendances, puis à construire les capacités qui nous permettent de continuer à fonctionner malgré les chocs. Il ne s’agit plus seulement de résister ou de s’adapter aux crises, mais de les anticiper et de nous préparer aux grandes mutations mondiales. Avec le déplacement des centres de décision vers l’Afrique et l’Asie, La Réunion retrouve par ailleurs une position stratégique dans l’océan Indien. Für all diese Gründe, nous devons travailler ensemble pour l’avenir du territoire. Peut-être devons-nous simplement oser inventer notre propre modèle économique réunionnais : un modèle adapté à nos réalités, qui nous permette de produire davantage, de financer autrement, de mieux coopérer et de créer une prospérité véritablement partagée. Prenons l’exemple du financement, un véritable enjeu sur ce territoire : ne pourrait-on pas fédérer les chefs d’entreprise disposant de fonds pour créer un outil local de financement dédié aux projets réunionnais ? Je suis convaincue que nous avons les atouts pour réussir.

Patrimoine économique organisées à La Réunion, qui vont se tenir du 2 au 4 octobre. Zielsetzung : faire mieux connaître le monde de l’entreprise et ses métiers au public, insbesondere für junge Menschen.
En rebaptisant les MEDEF Business Awards « Trophées de la robustesse », vous donnez des exemples concrets de cette résilience. Qu’est-ce qui distingue les lauréats cette année ?
L’enjeu est de changer notre regard sur nous-mêmes et celui que les autres portent sur La Réunion. Ces entreprises incarnent cette transformation : elles ont su tirer parti de leurs vulnérabilités pour en faire des leviers de performance, d’innovation ou de prospérité. Elles ont compris qu’il ne suffisait plus d’être résilientes, mais qu’il fallait agir pour ne plus subir. Ces lauréats montrent une détermination et une volonté de se renforcer pour mieux affronter les chocs.
La Lodeom renouvelée, le Posei en passe de l’être, l’octroi de mer prolongé jusqu’en 2030… Vous défendez ces dispositifs de soutien aux entreprises ultramarines. S’agit-il de facteurs de robustesse ?
Ces dispositifs sont indispensables. Nous nous sommes battus collectivement pour préserver la LODEOM et le régime d’aide fiscale à l’investissement productif. Le monde économique s’est mobilisé, et les gouvernants ont fini par comprendre leur importance pour notre territoire. Une suppression brutale de ces dispositifs déstabiliserait profondément notre économie et détruirait de nombreux emplois. Ils compensent des handicaps structurels liés notamment à l’éloignement, à l’insularité et à l’étroitesse de notre marché. Notre tissu économique est par ailleurs majoritairement composé de très petites entreprises, dont les marges de manœuvre sont particulièrement faibles.
La diminution progressive du soutien public ne fait-elle pas partie des « chocs » auxquels les entreprises devraient se préparer ?
Ces dispositifs doivent aussi mieux accompagner le développement des entreprises. Prenons les exonérations de charges patronales : Heute, elles peuvent fonctionner comme une trappe à bas salaires. Elles permettent aux entreprises de survivre et de créer de l’emploi, mais elles ne suffisent pas toujours à accompagner leur montée en gamme. Il faudrait notamment permettre aux entreprises de recruter davantage de cadres intermédiaires, essentiels pour développer leur activité. La vocation de ces dispositifs ne doit pas être d’entretenir une dépendance, mais de compenser nos handicaps structurels tout en donnant aux entreprises les moyens d’investir, de monter en gamme, de créer davantage de valeur et de gagner en autonomie.

Vous comptez donc poursuivre les discussions sur ces dispositifs ?
Pour le MEDEF Réunion, ces dispositifs doivent désormais soutenir un plan de relance ciblé notamment sur les activités stratégiques qui contribuent à sécuriser nos capacités essentielles : Energie, Wasser, Essen, Gesundheit, die Fähigkeiten, la connectivité et nos dessertes aérienne et maritime. Parallel zu, nous devons produire davantage localement, dans l’industrie comme dans les services, pour créer davantage de valeur et de prospérité partagée. Mais notre marché intérieur ne peut pas être notre seul horizon. Notre bassin régional doit devenir un véritable espace de développement. La Réunion peut être un point d’appui français et européen dans l’océan Indien, au carrefour de l’Afrique et de l’Asie. Notre avenir se joue aussi dans les Mascareignes, à Madagascar et en Afrique de l’Est aussi.
Du 2 au 4 octobre se tenaient les premières Journées du Patrimoine économique organisées à La Réunion. Des entreprises locales ouvrent leurs portes aux jeunes et à leurs parents. Les entreprises réunionnaises souffrent-elles d’un déficit d’image ou de notoriété ?
Les Journées du Patrimoine économique sont justement l’occasion de sortir des caricatures. Les chefs d’entreprise sont des femmes et des hommes qui prennent des risques, investissent, créent de l’activité et de l’emploi, et portent des projets avec leurs équipes. Ils vivent aussi les difficultés du territoire : Kaufkraft, Unterkunft, mobilité… avec, Zusätzlich, le risque entrepreneurial. Opposer salariés et entrepreneurs, jung und alt, ne nous fera pas avancer. Nous avons au contraire besoin de créer des passerelles et de jouer groupés. Quand je demande à des industriels locaux quelle est leur ambition, ils me répondent souvent : faire grandir La Réunion et contribuer à son développement. Persönlich, ma fonction de présidente du MEDEF Réunion est bénévole et j’y consacre une grande partie de mon temps. Je le fais parce que je suis Réunionnaise. Das Treffen, c’est mon village. Et on prend soin de son village
Quel message avez-vous porté à « Choose Outre-mer », la manifestation organisée le 1er octobre par la ministre des Outre-mer, Naïma Mouchou ?
Je préfère dire : « Faire choisir La Réunion ». J’ai porté le message que je viens d’évoquer : changer le regard sur notre île est une nécessité absolue. J’ai récemment rencontré un responsable d’une grande entreprise hexagonale qui envisageait d’investir à Maurice. Quand je lui ai demandé : « Pourquoi Maurice et pas La Réunion ? », il a cité le fuseau horaire et le taux d’imposition mauricien de 15 %. Il ignorait que La Réunion partage le même fuseau horaire que Maurice, et que, dans son secteur, le taux effectif d’imposition y est de 7 % ! Les entreprises françaises ne connaissent pas La Réunion. Beaucoup pensent encore que c’est un caillou sans opportunités. Je vais donc prendre mon bâton de pèlerin pour leur dire : « Monsieur l’industriel, sachez que nous avons besoin de vos compétences, et que vous trouverez ici des opportunités d’investissement. » Un premier pas a été franchi : le MEDEF Paris vient de consacrer un numéro spécial de son magazine Inspir à La Réunion. Nous attendons aussi une étude qui identifiera les secteurs porteurs pour conserver la valeur sur le territoire et en faire bénéficier le plus grand nombre. Ce sera un instrument d’information supplémentaire.
Êtes-vous favorable à l’arrivée d’investisseurs extérieurs à La Réunion ?
Ja, à condition qu’ils s’engagent pour La Réunion et qu’ils jouent le jeu de la souveraineté française, sans délocaliser la valeur vers une maison-mère ailleurs.
Zusammenfassend, vous voulez que le monde économique réunionnais sorte de sa posture défensive et qu’il ose davantage.
Je veux que La Réunion « detak baro » – qu’elle ouvre grand ses portes et repousse ses limites ! Qu’elle ose, qu’elle regarde au-delà de ses frontières, qu’elle exploite l’esprit entrepreneurial et innovant qui anime cette île depuis toujours.
Pour aller dans quelle direction ?
Pour briser cette fatalité selon laquelle nous ne serions pas capables d’oser ou de penser grand. Je ne suis pas d’accord. Cette île, cette société, a déjà prouvé qu’elle était capable d’énormément de choses. Les jeunes entrepreneurs réunionnais doivent se convaincre qu’ils ont les moyens de voir loin. Certains le font déjà et montrent l’exemple. Nous en avons vus aux derniers MEDEF Business Awards. Nous devons changer notre regard sur nous-mêmes.
Vous voyez dans le vivre-ensemble réunionnais une « compétence collective » à structurer et transmettre. Pensez-vous qu’elle puisse s’enseigner ?
Zusammenleben, ce n’est pas qu’un slogan. C’est une compétence réelle. In der Besprechung, nous savons parler chinois, indien, africain, européen… Nous nous adaptons, nous vivons dans un melting-pot unique. La Réunion est un mini-monde capable de collaborer avec tous. Comme New-York. Quand j’ai quitté La Réunion à 17 ans pour travailler dans un cabinet d’audit international, j’ai été mutée à New York, en plein Manhattan. C’était une performance rare, même pour des Parisiens, et j’en étais fière car mon ambition était de montrer qu’une Réunionnaise pouvait faire partie des meilleurs. Dans quel service m’a-t-on affectée ? La coordination de l’audit des filiales étrangères de sociétés cotées. La compétence qui m’était reconnue, c’était de savoir travailler avec des Mexicains, des Allemands, des Russes, des Chinois… avec tout le monde. Et j’étais la seule dans ce cas. Cette compétence, je ne l’avais pas apprise dans des livres : elle était en moi, comme elle est en chaque Réunionnais.
Si vous pouviez réunir tous les acteurs politiques et économiques de La Réunion autour d’une table, quelles décisions leur demanderiez-vous de prendre ensemble ?
D’accepter de travailler ensemble, de valider un cap commun, de se fixer des objectifs et de faire un suivi régulier de leur mise en œuvre. Il faudrait aussi faire fonctionner ce qui existe déjà, mais qui n’est pas ou mal utilisé.

La facturation électronique est-elle pour vous un sujet de préoccupation ?
Nicht, les choses se passent plutôt bien. Il y aura sans doute des bugs, des ajustements, mais l’administration fiscale a annoncé qu’elle ferait preuve de tolérance pour ceux qui s’engagent dans la démarche. Un point positif que je veux souligner : la facturation électronique évitera aux chefs d’entreprise de perdre des tickets de caisse, ce qui arrive souvent lorsqu’ils font plusieurs achats de suite. Je m’adresse là principalement aux artisans, aux TPE. Ces pertes représentent une charge mentale et coûtent cher, car elles empêchent de récupérer la TVA ou de déduire ces frais. Grâce à la facturation électronique, les entrepreneurs pourront mieux piloter leur trésorerie, analyser leurs coûts et établir des devis précis. Elle va libérer du temps pour les chefs d’entreprise. Das heißt, soyons lucides : pour l’administration fiscale, c’est aussi un moyen de sécuriser l’assiette de l’impôt.
Andererseits, les délais de paiement posent problème à de nombreuses entreprises…
Les délais de paiement entre entreprises sont très contrôlés. Ce que je trouve scandaleux, das ist es, lorsqu’une entreprise privée paie en retard, elle est sanctionnée. Mais quand il s’agit d’une collectivité ou d’un organisme public, rien ne se passe. On crée ainsi un écart entre le légal et le légitime, ce qui génère une société à deux vitesses, source de frustrations pour les entrepreneurs. Mêlée à l’incertitude, cette situation mine les énergies et décourage l’action. Ce qui m’irrite encore plus, ce sont les appels d’offres publics. On voit des collectivités locales privilégier des entreprises sans activité à La Réunion. Est-ce ainsi que nous construirons notre avenir ? Je suis sûre qu’il existe des dispositifs pour intégrer un critère de priorité régionale dans les appels d’offres. Il faut encourager la préférence locale dans la commande publique.
Vous pensez au « Small Business Act » prévu par les textes européens ?
Vor allem. Le MEDEF Réunion a d’ailleurs décidé de soutenir cette mesure – la stratégie du bon achat – en rejoignant l’association SBA Réunion.
La transmission des entreprises sera l’un des thèmes de la prochaine assemblée générale du MEDEF Réunion, 12. November. La Réunion est-elle aussi concernée que la métropole par ce problème ?
Ja. Sur la transmission, je veux faire passer un message aux porteurs de projets : avant de créer une entreprise, faites une veille sur les entreprises existantes dont le gérant souhaite prendre sa retraite. Et envisagez une reprise avec accompagnement. Wieder hier, il s’agit de changer de regard sur l’entrepreneuriat : au lieu de vouloir tout faire seul, se dire qu’il y a peut-être quelqu’un avec une expertise, une compétence, qui peut vous former et avec qui s’associer. Les possibilités sont nombreuses.
Dans six mois, c’est l’élection présidentielle, qualifiée par certains de « la plus importante depuis l’après-guerre ». L’environnement politique actuel vous inquiète-t-il ?
Qui ne serait pas inquiet dans ce contexte ?
Vous n’avez jamais vraiment commenté le fait d’être la première femme élue à la présidence du MEDEF Réunion. Cette élection n’a-t-elle pas une portée symbolique pour vous ?
J’ai aussi été la première femme présidente de l’Ordre des experts-comptables de La Réunion. Ce n’a jamais été une fin en soi pour moi, mais c’est un signe encourageant. Cela montre que la société évolue, qu’elle est prête à accepter une vision économique différente, une autre manière d’incarner la présidence d’un syndicat patronal. Je pense que la clé réside dans la diversité. J’ai hâte que d’autres femmes accèdent à des fonctions dirigeantes. Nous ne sommes pas encore assez nombreuses.
Avez-vous le sentiment que le regard porté sur les femmes dirigeantes a changé à La Réunion ?
Changer le regard sur le rôle des femmes dans l’économie fait partie de notre feuille de route. Au sein du MEDEF Réunion, nous avons une commission « Femmes du MEDEF », qui réunit des dirigeantes et cheffes d’entreprise. Son travail est reconnu. Cela me confère une responsabilité accrue en tant que présidente. Je me dis que je dois être à la hauteur. J’ai l’impression de tenir un sabre à cannes et d’ouvrir la voie ! Si cela peut inspirer des vocations, j’en serai heureuse et fière.
Votre carrière d’expert-comptable vous a conduite à Londres, in Paris, in New York, avant de se poursuivre dans l’entrepreneuriat à La Réunion. Cette expérience internationale influence-t-elle votre engagement actuel ?
Quand je suis revenue sur l’île, j’ai repris une petite entreprise familiale. Mon expérience à l’étranger m’a d’abord appris que pour se projeter hors de l’île, il faut maîtriser l’anglais. C’est une condition de notre réussite. De ce parcours initiatique, j’ai aussi retenu que La Réunion est une société exceptionnelle, unique au monde, avec une histoire singulière. Les Réunionnais d’aujourd’hui en sont les héritiers. Nous avons une identité forte, une façon d’être, de vivre, de faire qui nous définit. Il n’y a pas un seul Réunionnais qui n’aime pas son île et qui ne veuille pas la mettre en avant.
Avez-vous le sentiment que La Réunion offre quelque chose que l’on ne trouve nulle part ailleurs ?
Il y a une devise à La Réunion, qui date de la Compagnie des Indes. Je la trouve d’une actualité frappante : « Je fleurirai partout où je serai portée. » Je crois que nous, Reunionesisch, portons en nous une vitalité de ce genre. C’est elle qui fait de nous des champions de la résilience. Aber heute, il s’agit d’arrêter de subir et d’être plus volontaire. Dafür, nous devons nous estimer à notre juste valeur.

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