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jeudi 1 décembre 2022

Les entreprises du sirop face à l’explosion des prix des matières premières

Le syndicat français des sirops (SFS) alerte à son tour les pouvoirs publics sur la situation critique de l’industrie et appelle à une solidarité partagée avec les distributeurs.

Depuis plusieurs mois, les ingrédients et contenants nécessaires à la production de sirop suivent la tendance mondiale d’une augmentation des prix. Fruits, plantes aromatiques, sucre, acier ou verre, énergie : les matières premières sont tributaires de hausses de cours internationaux inédites. Elles sont engendrées par les perturbations sur la demande et sur les échanges mondiaux issues de la crise de la Covid, et par le dérèglement climatique qui impact les partenaires producteurs de fruits et de plantes. Ces hausses cumulées se répercutent sur les entreprises produisant des sirops qui font face à des difficultés qu’elles souhaitent surmonter avec l’aide de toutes les parties prenantes de la filière. Après des Etats Généraux de l’Alimentation, deux lois Egalim, et une crise sanitaire qui a renforcé la conscience collective de la nécessité de protéger les filières alimentaires françaises, le Syndicat Français des Sirops, appelle donc « chacun à jouer son rôle pour mettre en action ses engagements ». Un message adressé tout particulièrement aux distributeurs.»

+ 30 centimes par bidon et par bouteille

Dans une « volonté de protection du pouvoir d’achat des consommateurs », le Syndicat se déclare toutefois relativement rassurant : « s’il y a hausse de prix pour le consommateur, elle ne devrait pas dépasser 30 centimes par bidon ou bouteille. » Cependant, pour le SFS,  il est aujourd’hui vital pour les fabricants de pouvoir répercuter la part d’augmentation de ces coûts qu’elle ne peuvent plus assumer seules. « Pour ces PME, réunissant ensemble plus de 850 emplois, il en va de la pérennité des outils industriels, de la souveraineté des entreprises et de l’avenir des collaborateurs. »

DES HAUSSES DE COÛTS JAMAIS VUES

Les contenants : + 50 %

Les emballages sont constitués d’acier, d’aluminium, de verre, ou de PET (composé plastique recyclable) et 100 % recyclables. Malgré cette recyclabilité, tous les matériaux ont vu leurs prix s’envoler en 2021 : le prix du bidon acier ou alu, de 50 % en moyenne ; le prix de la bouteille de verre, de 15 % et celui de la bouteille PET, de 25 % (il devrait encore augmenter de 50 % en 2022).

Le sucre : + 40 %

Le sucre représente 65 à 90 % du coût des matières premières utilisées pour fabri-quer un sirop. L’Indice FAO * des prix du sucre avait augmenté de 1,4 % en novembre 2021. Depuis, il a bondi de plus de 40 %. En cause également, l’engouement pour l’éthanol comme alternative au pétrole qui fait concurrence aux acheteurs traditionnels de sucre.

Les fruits : + 134 % Un sirop « de fruits » ou « au jus de fruits » doit contenir au minimum 10 % de jus de fruits. Le coût des fruits s’est envolé cet été, conséquence de gelées printanières dans toute l’Europe. S’y ajoutent des difficultés d’approvisionnement. Le cassis a vu son prix augmenté jusqu’à 134 %. La framboise bio coûte 170 % plus cher qu’en 2020. La grenadine, assemblage de fruits, a augmenté de 176 %. La pêche, de 53 %.

* L’indice suivant l’évolution des prix des produits alimentaires.

UNE BOISSON PLÉBISCITÉE PAR LES FRANÇAIS

1,5 milliard de litres de boissons à base de sirops sont consommés chaque année en France, soit davantage qu’un célèbre soda américain !  63 % des foyers français consomment des sirops. Le sirop est une spécificité du patrimoine gastronomique français, protégée des imitations par la réglementation. Le Syndicat Français des Sirops représente 13 entreprises qui produisent et commercialisent 90 % des sirops consommés en France et réalisent un chiffre d’affaires cumulé de 420 millions d’euros.

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