Alors que la France devient le premier pays européen à se doter d’une loi « anti-ultra fast fashion », c’est désormais à l’Union européenne de s’attaquer à une transformation du secteur. Depuis le 19 juillet, les grandes entreprises du textile, sauf cas particuliers, ne peuvent plus détruire leurs invendus. Cette mesure n’est que la première pierre apportée à un cadre européen qui régit l’ensemble du cycle de vie. Analyse avec le Centre européen des consommateurs France.
Pour rendre la mode plus durable, l’UE encadre la conception des produits mis en vente sur son marché. Depuis 2024, un règlement européen fixe un cadre d’« écoconception » des produits, dont le textile. Un déploiement est en cours, avec de nouvelles exigences pour chaque catégorie de produits.
Les futurs vêtements que nous porterons devront être pensés pour durer plus longtemps et pour être plus faciles à réparer, à entretenir, à réemployer ou à recycler. Charge aux fabricants d’utiliser davantage de matériaux recyclés et de réduire l’impact environnemental de leurs articles durant tout de leur cycle de vie !
Autre nouveauté : un passeport numérique, accessible via un QR code sur le vêtement. À partir de 2027, ce passeport apportera une transparence du vêtement sur sa composition, l’origine des matériaux, sa durabilité, et ses options de fin de vie.
La seconde vie des invendus
Si des vêtements, chaussures et accessoires neufs ne trouvent pas preneurs, leur destruction devient une mesure de dernier recours et non plus un automatisme. Depuis le 19 juillet, les grandes entreprises du textile doivent privilégier d’autres solutions pour leurs invendus. La règle : réemploi, don, reconditionnement, ou bien recyclage. Seuls quelques cas de figure permettent encore de détruire les invendus. Un risque de sécurité, des détériorations sur l’article ou des raisons techniques peuvent justifier qu’il ne soit pas remis sur le marché. En étant incitées à privilégier d’autres pistes, les marques sont plus susceptibles d’écouler leur stock via des promotions, des soldes, ou des reventes à d’autres commerces. Ce qui devrait alimenter l’offre de seconde main et de déstockage, généralement proposée à moindre prix.
Acheter autrement sans renoncer à ses droits
Si vous achetez une paire de chaussures dans le coin « seconde main » de votre enseigne habituelle ou en vente privée sur votre téléphone, vous bénéficiez de droits en Europe. La réglementation protège presque aussi bien que si vous aviez acheté en première main. Dès l’instant où le vendeur est un professionnel et non un particulier, tout article acheté est garanti en France pendant au moins deux ans. Attention toutefois : dans certains pays et pour les articles d’occasion, la garantie légale de conformité peut être réduite à un an . Elle vous protège en cas de défaut de fabrication ou de conformité. Si vous commandez en ligne, sachez que vous disposez en outre d’un droit de rétractation. Peu importe que l’article soit neuf, soldé, d’occasion, ou déstocké : s’il ne vous convient pas, vous pouvez le renvoyer au vendeur dans un délai de 14 jours à compter de la livraison.













