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La Réunion
samedi 26 novembre 2022

L’alarme a sonné dans tous les secteurs à la Réunion

La hausse des coûts de production : les entreprises du secteur maraîcher de la Réunion sont touchées comme en métropole. Si elles n’ont pas souhaité s’exprimer sur le sujet, d’autres l’ont fait, car le problème concernent tous les secteurs.

Conséquence directe ou facteur d’aggravation de tensions déjà existantes : quoi qu’il en soit, la crise sanitaire a provoqué des hausses parfois considérables des prix des matières premières et des biens intermédiaires en perturbant productions et transport des fournitures à travers le monde. Quelle conséquence pour une économie insulaire largement dépendante de ses approvisionnements extérieures comme la Réunion ? La sonnette d’alarme tirée au moins de juin au plan national par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), a été relayée le jour même à la Réunion par la CPME locale, alors que le Syndicat de l’importation et du commerce de la Réunion (SICR) témoignait de son côté des difficultés à absorber les surcoûts de transport et de stockage de ses adhérents. Combien de temps pourrons-nous tenir sans augmenter nos prix ? Tel était en substance la question posée chez les uns et les autres. Car l’incertitude prévaut : ces hausses sont-elles passagères, appelées à se résorber avec la relance de l’activité, ou au contraire seront-elles durables ?

Les entreprises sous pression
La CPME a cité les chiffres suivants : sur un an, entre avril 2020 et avril 2021, les prix des matières premières importées ont augmenté en moyenne de 25,2 %. Avec des écarts parfois bien plus importants. Plasturgie, bois : + 25 % ; acier : + 30 % en six mois ! L’insularité complique les choses, obligeant les importateurs ainsi que les entreprises à constituer des stocks pour disposer en continu de matières premières. Stocks qui ont un coût élevé. Premiers exposés, le BTP et la construction, mais aussi les industriels alimentaires touchés par la montée des coûts d’emballages. Tous les types d’emballages sont concernés : bocaux de verre, Tetra Pak, carton, etc. « Nous sommes très inquiets pour la trésorerie de nos entreprises » déclarait Jean-Philippe Payet, délégué général de la CPME Réunion.

Fret : + 30 % depuis l’Europe
Côté importateurs, « ce dérèglement mondial entraîne des coûts supplémentaires d’environ 30 % du transport maritime en provenance d’Europe. Pour l’Asie, il est constaté que ces coûts ont été multipliés par 2,5 » annonçait Fabrice Hanni, président du SICR. Certains importateurs assumaient des surcoûts de sur-stockage pour garantir autant que faire se peut les approvisionnements sur l’île. Le blocage du canal de Suez pendant plusieurs semaines et les dysfonctionnements de certains portiques ayant aggravé les choses, Fabrice Hanni alertait sur « d’éventuelles répercussions sur les entreprises et les consommateurs ». Conclusion : les entreprises locales se sentaient prises en tenaille entre des coûts de matières premières et d’emballages en forte augmentation et la difficulté à faire accepter des hausses de prix par leurs clients.

Flambée des coûts : où en est-on ?
Deux mois et demi après la conférence de presse du 14 juin, Fabrice Hanni, président du SICR, fait le point : « Au niveau mondial, la situation du transport maritime ne se stabilise toujours pas. On note encore une forte tension sur le fret dû à la pénurie de conteneurs, à la congestion de nombreux ports, ainsi qu’à une forte saturation de la capacité de transport. Cette situation entraine des augmentations des coûts du fret, de façon récurrente. Malgré ces difficultés et ces surcoûts, les importateurs du SICR s’adaptent et gèrent au mieux leurs approvisionnements pour s’assurer d’avoir de la disponibilité permanente de leur stock. »

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