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dimanche 3 juillet 2022

Alternatives végétales : un marché stratégique

Dans leur publication « le marché et les perspectives des substituts végétaux », parue en octobre 2021, les analystes des Echos Etudes, pôle d’expertise sectorielle du Groupe Les Echos, dressent un panorama complet du marché des alternatives végétales. Ce marché aux perspectives prometteuses sera un contributeur clé à la transition alimentaire. Mais son développement suppose d’élargir la cible de consommateurs avec des offres convaincantes susceptibles de modifier durablement leurs habitudes alimentaires.

Pour relever les enjeux planétaires devant nous à la fois démographique (nourrir 10 milliards d’individus), nutritionnel (les besoins en protéines vont progresser de 50 % d’ici 2050), agricole (avec des terres agricoles non extensibles) et environnemental (l’impact de l’élevage intensif), la recherche de solutions complémentaires et durables s’impose. Elle passe notamment par la diversification de la ressource protéique dans laquelle s’inscrivent les protéines végétales. A ce titre, Le potentiel du marché des alternatives végétales est immense et les prévisions mondiales concernant ce marché le confirment. Dans ce contexte, le végétal devient une catégorie stratégique pour toute la filière agroalimentaire. Et les acteurs sont nombreux à céder aux sirènes du végétal : industriels de l’agroalimentaire, coopératives agricoles, jeunes pousses, grande distribution via des MDD spécifiques ou des corners dédiés, chaînes de restauration…

Tout le monde s’y met…
Le marché français a ainsi continué en 2021 à susciter les convoitises des acteurs de l’agroalimentaire et à séduire les investisseurs : le groupe Bel, après le rachat de la startup All in Food, a lancé la marque Nurishh, le groupe Savencia a lancé sa marque Vivre Vert, Nxtfood a levé 10 millions d’euros auprès de Roquette Ventures et Creadev, Umiami a levé 2,3 millions d’euros. De son côté, Biogroupe a annoncé une levée de fonds pour s’implanter en GMS… Au niveau mondial, les entreprises d’alternatives à la viande, aux œufs et produits laitiers d’origine végétale ont levé 4,4 milliards de dollars d’investissements au cours de la dernière décennie (2010-2020) selon le Groupe des Fédérations Industrielles (GFI). Et près de la moitié, soit 2,1 milliards de dollars, a été levée sur la seule année 2020.

Un potentiel de développement prometteur
Le marché français des substituts végétaux était en croissance de 10 % à mi-2021. Avec une dynamique alimentée en grande partie par de nombreux lancements et le développement de l’offre dans les catégories historiques du marché. Les boissons végétales : catégorie leader en chiffre d’affaires. L’ultra-frais végétal : une catégorie dynamisée par la diversification de l’offre. Le traiteur végétal : la catégorie la plus dynamique. Les aides culinaires végétales portées par l’essor des laits de coco. Le rayon surgelé : un petit segment en croissance. Mais également dans de nouveaux segments émergents poussés par l’esprit créatif et d’invention de ce secteur de l’agro-alimentaire (qui devraient représenter, selon nos estimations, plus de 10 % du marché en 2025). S’il reste encore une niche (0,5 % de l’alimentaire LS en grande distribution), son potentiel de développement est toutefois très prometteur selon les prévisions Les Echos Etudes à l’horizon 2025.

Modifier les habitudes avec des offres convaincantes
Mais, côté demande, la part des foyers acheteurs de ces produits en France évolue peu depuis trois ans et la consommation des substituts végétaux reste réservée à une minorité de consommateurs avertis. L’enjeu pour les différents acteurs du marché est donc de convaincre le plus grand nombre. Les arguments sont nombreux : réduction de l’empreinte écologique, préoccupation santé, bien-être animal… Cependant les freins à l’achat sont également très importants : un prix trop élevé, des produits souvent ultra-transformés, des qualités nutritionnelles en question, un goût pas toujours à la hauteur. Autant d’éléments à travailler pour arriver à convaincre une cible plus large, constituée en partie par les fléxitariens, dont la part dans la population ne cesse de progresser (près de 35 % des Français ont d’ores et déjà tendance à limiter leur consommation de viande). Autant de conditions sine qua non pour assurer un développement pérenne du marché.

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